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    International

    La Turquie multiplie les frappes militaires en Syrie

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5192 Le 22/01/2018 | Partager
    L’enclave kurde Afrine bombardée
    72 appareils ont frappé plus de 100 cibles
    L’offensive traque des alliés de Washington contre l’EI
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    La semaine dernière, Erdogan avait promis d’en finir avec les «nids de terroristes» dans les régions du nord de la Syrie contrôlées par les groupes kurdes (Ph. AFP)

    Ankara continuait de bombarder dimanche 21 janvier  une enclave kurde dans le Nord de la Syrie au 2e jour d’une vaste offensive marquée par des tirs de roquettes contre une ville frontalière turque dans une apparente riposte. Le Premier ministre turc Binali Yildirim, cité par les médias, a déclaré que des militaires turcs étaient entrés à 11h05 (08h05 GMT) dans la région d’Afrine, contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG), et que l’artillerie d’Ankara continuait de pilonner dimanche.

    Dans la nuit de samedi à dimanche, quatre roquettes tirées depuis des zones contrôlées par les YPG ont frappé la ville frontalière turque de Kilis, faisant un blessé léger, d’après l’agence de presse Dogan, ajoutant que des batteries turques avaient immédiatement riposté.

    L’offensive turque, baptisée opération «Rameau d’olivier», risque de tendre davantage les rapports entre Ankara et Washington: les Etats-Unis soutiennent en effet une coalition arabo-kurde, dont font partie les YPG, pour combattre le groupe Etat islamique.

    Cette opération a démarré samedi 20 janvier à 14h GMT, avec un bombardement aérien d’envergure mené par 72 appareils qui ont frappé plus de 100 cibles, dont l’aéroport militaire de Minnigh, selon l’armée turque. Un porte-parole des YPG a affirmé que 10 personnes, pour la plupart des civils, avaient été tuées lors de ces frappes. L’armée turque affirme pour sa part n’avoir touché que des «terroristes», expression par laquelle elle désigne les combattants kurdes.

    Ankara accuse les YPG d’être la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une rébellion dans le sud-est de la Turquie depuis plus de 30 ans et est considéré par Ankara et ses alliés occidentaux comme une organisation terroriste.
    Mais les YPG ont aussi été un allié incontournable des Etats-Unis, partenaires de la Turquie au sein de l’Otan, dans la guerre contre le groupe Etat islamique (EI).
    Il s’agit de la deuxième offensive turque dans le nord de la Syrie, après celle lancée en août 2016 pour repousser l’EI vers le sud, mais aussi enrayer l’expansion territoriale des milices kurdes.

    A la faveur du conflit syrien qui a fait plus de 320.000 morts depuis 2011, les Kurdes syriens, longtemps marginalisés, ont installé en 2012 une administration autonome à Afrine, un territoire isolé des autres zones contrôlées par les YPG plus à l’Est.

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