Société

«Arabæsque» réhabilite les compositeurs arabes

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5164 Le 08/12/2017 | Partager

Ils sont arabes, artistes, pour la plupart contemporains et n’ont pas choisi le chemin le plus court vers la gloire. 80  compositeurs de musique classique dite «occidentale», méconnus du grand public, ont été répertoriés par le projet «Arabæsque».
Un projet musical initié en septembre 2014 par l’un d’entre eux: le talentueux pianiste marocain Marouan Benabdallah, et soutenu par  l’Académie royale du Royaume du Maroc.  Le projet a pour objectif de rechercher les compositeurs classiques arabes et de présenter leurs œuvres sur la scène de concert internationale.

Le premier de ce projet musical a d’ailleurs été abrité par l’Académie, mercredi 6 décembre, mené brillamment par Marouan Benabdallah  lui-même. Des compositeurs ont eu des parcours différents: certains ont étudié aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Autriche, en Allemagne, en Ukraine, en Russie, et aujourd’hui, ils vivent en Amérique, en Europe, et certains sont rentrés dans leur pays d’origine.

La particularité de ces artistes, bien  qu’écrivant dans la tradition, c’est-à-dire dans les formes et structures dites occidentales, est qu’ils intègrent toujours une touche rythmique ou mélodique  orientale.  Autrement dit,  ils créent une synthèse originale qui rend ce répertoire absolument unique.

Malheureusement, constate l’initiateur du projet, beaucoup de ces œuvres n’ont jamais été enregistrées ni publiées! Benabdallah cite d’ailleurs quelques exemples tels que Anis Fuleihan, un Américain d’origine libanaise, mort en 1970, ayant composé 14 sonates et 3 concertos pour piano en plus de nombreuses œuvres symphoniques. Autre artiste méconnu, Dia Succari, né à Alep en Syrie, a composé plus de 30 pièces pour piano et plus de 50 pour musique de chambre.

Le Maroc n’est pas en reste avec deux talentueux compositeurs, Ahmed Essyad ou Nabil Benabdeljalil. «Par les temps qui courent, où la méfiance envers le monde arabo-musulman ne cesse de croître, il est de notre intérêt de faciliter une meilleure compréhension et de renforcer le dialogue entre les cultures et les peuples.   A travers le projet «Arabæsque», c’est justement une facette beaucoup plus plaisante, une facette noble du monde arabe qui est mise en valeur», concluent les promoteurs du projet.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc