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Competences & rh

Ingénieurs de demain: La recette des ponts et chaussées Paris

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5015 Le 03/05/2017 | Partager
Interview exclusive avec Armel de la Bourdonnaye, directeur de l’école
Numérique, intelligence artificielle, pédagogie interactive... L'ingénieur au coeur des changements
Mobilité internationale, stages en entreprise, et formation tout au long de la carrière
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Armel de la Bourdonnaye, directeur de l’école nationale des ponts et chaussées de Paris: «les nouveaux métiers de l’ingénieur c’est offrir le meilleur des sciences au service des besoins de l’humanité afin d’améliorer la qualité de vie» (Ph. EP Paris Tech)

Quels sont les métiers de demain et comment s’y préparer? L’une des  questions posées aux participants de la 3e rencontre ingénieurs et docteurs organisée dernièrement par l’EMI. Armel de la Bourdonnaye, directeur de l’école nationale des ponts et chaussées de Paris, en faisait partie. Dans cet entretien, le patron de l'une des plus prestigieuses écoles au monde nous livre sa vision de l'ingénieur de demain, et de la stratégie des écoles d’ingénieurs pour s'adapter aux évolutions technologiques pour continuer à servir l'humanité.

- L’Economiste: Comment envisagez-vous l'avenir des métiers de l’ingénieur afin d'accompagner les mutations technologiques et nouveaux besoins de la société?
- Armel de la Bourdonnaye:
Les métiers d’avenir pour les futurs ingénieurs dépendront d’un mélange entre des éléments anciens et d’autres nouveaux. Ils seront basés essentiellement sur le numérique et l’intelligence artificielle et devront nécessairement prendre en considération le développement durable et la biodiversité. Tout cela pour continuer à servir les besoins de l’humanité à commencer par celui de se nourrir, ce qui explique l’importance du secteur de l’agroalimentaire et celui de la gestion des eaux par exemple. Pour assurer le déplacement des populations et le transport des marchandises qui sont en pleine évolution, on doit aussi continuer à construire des ponts et des infrastructures, à développer les télécommunications.
 
- L’international, le numérique et le facteur temps sont de sérieux défis pour l’ingénieur de demain. Comment les écoles préparent-elles leurs lauréats à ce «nouveau monde»?
- Il s’agit de facteurs de nature différente. D’abord, nous avons une contrainte qui consiste à former les ingénieurs en trois ou cinq ans. La question reste donc de choisir le contenu de cette formation qui va permettre aux diplômés d’être opérationnels sur le marché. Il faut ensuite leur donner la possibilité de se reformer tout au long de leur carrière pour apprendre les nouvelles techniques et sciences qui vont se développer par la suite. Quant au numérique, il représente un grand atout, car il nous permet de toucher plus d’étudiants, d’accéder à plus de savoirs et d’expérimenter de nouvelles méthodes pédagogiques plus interactives entre les professeurs, les industriels et les étudiants. Sans oublier la possibilité de former à distance notamment dans le cadre de la coopération internationale. Pour la petite histoire, le 1er auditeur étranger a rejoint l’école des ponts à Paris dans les années 1800.
Toujours est-il, l'international se traduit aujourd’hui de plusieurs façons. L’apprentissage de la langue anglaise, par exemple, est obligatoire. Un tiers de nos étudiants sont étrangers, ce qui permet un enrichissement des échanges culturels entre les élèves issus de nationalités différentes. Enfin, la mobilité internationale pendant les études est devenue obligatoire et la plupart de nos élèves passe de 6 mois à un an à l’international, soit dans des institutions universitaires soit dans le cadre de stages en entreprises à l’étranger. L’ensemble de ces actions contribuent à forger une compétence internationale propre à tous nos étudiants.
 
- Comment valoriser la relation entre l’université et le monde de l’entreprise?
- Dans le cas de notre établissement, il s’agit d’une relation très ancienne. Un tiers de nos enseignants viennent du monde de l’entreprise. C’est l’expertise de l’entreprise qui s’exprime dans nos formations, sans oublier de rappeler qu’on fait de la recherche en commun dans le cadre des contrats, des chaires ou des laboratoires communs. Notre relation avec le monde de l’entreprise est déployée également d’une manière indirecte, via le réseau de nos anciens élèves en France et à l’international. Ce qui nous permet d’avoir des discussions informelles et de se tenir informé sur ce qui se passe dans le monde économique.  
Au niveau d’un Etat, il faut renforcer les conditions favorables pour la promotion de la relation entre le monde académique et celui de l’entreprise. Cela peut se faire à titre d’exemple par des incitations fiscales, des dispositifs facilitant les stages en entreprises, la promotion de la formation en alternance…
- Quelle appréciation faites-vous du niveau de formation des élèves ingénieurs marocains  inscrits dans votre école?
- Il y a d’une part les étudiants qui y accèdent après le passage du concours d’entrée, des étudiants issus des lycées de classes prépas marocains ou français. A cela s’ajoutent, d’autre part, d’autres étudiants de l’école Hassania des travaux publics et de l’EMI en double diplôme pour passer deux ans chez nous. Nous sommes très contents de ces étudiants et étudiantes et de la qualité de la coopération avec les écoles d’ingénieurs marocaines.

Coopération avec le Maroc

L’Ecole des ponts ParisTech n’a pas de campus à l’étranger. Armel de la Bourdonnaye, directeur de l’école nationale des ponts et chaussées de Paris rappelle que le modèle de développement à l’international est fondé sur le renforcement de la coopération avec les institutions locales. «Celle-ci a tissé une coopération historique avec les écoles d’ingénieurs marocaines comme c’est notamment le cas avec l’école Hassania des travaux publics et l’EMI», souligne-t-il. D’autres projets de partenariat sont développés aujourd’hui avec certaines universités marocaines, comme cela est le cas avec Fès et avec l’université Mohammed VI Polytechnique.

Propos recueillis par
Noureddine EL AISSI

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