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    Régions

    Fès: Bab Boujloud sur les traces de Jamaâ el Fna

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4998 Le 07/04/2017 | Partager
    Un partenariat entre la mairie et la Smit
    Le site sera ouvert à l’art culinaire et aux halqas
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    Bab Boujloud, une porte historique, autre symbole de Fès. Mythique, cette porte est âgée aujourd’hui de 10 siècles (Ph. YSA)

    Tant espéré par les professionnels du tourisme, le projet de réaménagement de la célèbre place Bab Boujloud et son extension d’au moins 10.000 m2 supplémentaires verra enfin le jour. «Il sera réalisé dans le cadre d’un partenariat entre la mairie, la Société marocaine d’ingénierie touristique (Smit) et d’autres départements ministériels», promet Mohamed El Harti, 3e vice-maire de Fès.

    Selon lui, «ce projet fait partie désormais du Plan d’action communal (PAC), dont la finalisation est prévue dans 15 jours». S’étalant sur une superficie de 28.000 m2, la place Bab Boujloud est un élément phare dans l’histoire de la capitale spirituelle. Elle se trouve à la croisée des chemins entre Fès Jdid et Fès El Bali et constitue l’un des prestigieux sites de la médina construite à l’époque des Almoravides.

    Longtemps foyer des marchands ambulants et artère centrale du marché aux puces (joutya), la place devra se débarrasser progressivement de toutes les nuisances visuelles afin de s’ouvrir au tourisme culturel et culinaire. Ainsi, il faudra recaser les marchands occupant les abords de Bab Mahrouk. A noter que la construction d’un souk souterrain au quartier Sellaline (place Baghdadi) en 2011 n’a pas résolu le problème des marchands à la sauvette. Bien au contraire, la place Bab Mahrouk accueille quotidiennement de nouveaux arrivants parmi les colons du domaine public.

    L’esplanade de Bab Boujloud est transformée depuis quelques années en parking. Pourtant, d’importants investissements ont été injectés dans ses précédentes opérations de restauration. Pour les professionnels du tourisme, cette place, qui est la principale entrée des circuits touristiques de la médina, devrait abriter une animation permanente. «Son projet de réaménagement devrait faire revivre et préserver une culture orale populaire (halqa) tout en contribuant à la promotion du secteur touristique», disent-ils. En clair, ils soutiennent l’idée de faire de la place Boujloud «la soeur jumelle de Jamaâ el Fna».

    Sans prétendre voler la vedette à la place de la ville ocre, les professionnels du secteur préconisent une forme de complémentarité. Rappelons à ce titre qu’un concours d’architectes pour le réaménagement de cette place a été initié par le Conseil régional du tourisme (CRT) en 2010. Mais enterré depuis. Il en est de même pour le Conseil de la ville qui avait enclenché l’expropriation des magasins qui cachent les portes Bab Boujloud et Bab Chems, et leur démolition, sans jamais aboutir.

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    En attendant le projet de réaménagement de la place Bab Boujloud, celle-ci est squattée par les marchands ambulants. Une partie de l’esplanade historique est transformée en parking (Ph. YSA)

    Pour le nouveau projet, il s’agira d’élargir ladite place pour y construire une dizaine de kiosques dédiés à la promotion de la destination et créer une animation sur une esplanade de plus de 40.000 m2 de superficie. A cet égard, l’appui de la Smit serait d’un grand apport. Conscients que le produit culturel s’essouffle de plus en plus, les dirigeants de celle-ci ont prévu de développer cinq écosystèmes, dont celui du «musée vivant». Le réaménagement de la place Bab Boujloud en fait partie. Cet écosystème permettra à la préfecture de Fès de mettre en avant le caractère unique de sa médina en tant que cité millénaire et capitale culturelle et spirituelle du Maroc.

    En effet, le produit qui y sera développé permettra la valorisation touristique de son patrimoine architectural, historique et cultuel. Ceci, à travers un projet phare qui est le Centre d’interprétation du patrimoine prévu au niveau de la place Boujloud. «Ce projet sera accompagné d’un ensemble d’espaces d’interprétation, d’ateliers de démonstration et d’exposition qui seront développés tout au long des circuits touristiques, une mise en lumière des principales portes et murailles et un traitement paysager adéquat», explique-t-on auprès de la Smit.

    Et de conclure, «l’ensemble des projets proposés permettra d'améliorer la marge de progression de captation de clientèle internationale et nationale, d’accompagner les collectivités locales dans leurs efforts de développement, et de créer des milliers d'emplois en milieu rural et urbain».

    Trois scenarii, trois budgets

    La Smit a prévu trois scenarii pour développer le tourisme dans la région de Fès-Meknès. Primo, un projet minimaliste d’investissement public à effet d’amorçage qui repose sur le développement des composantes non marchandes avec un investissement global de 770 millions de DH. En 2e position, un investissement public à effet accélérateur qui, en plus du développement des composantes non marchandes, encourage l’investissement privé et supporte le risque de développement de produits à faible rentabilité. Ce projet nécessiterait quelque 2,3 milliards de DH. Enfin, le dernier scénario d’investissement public à effet propulseur requerra la prise en charge de certains projets peu rentables à caractère privé par l’Etat. L'objectif serait d'accélérer et amorcer le développement du produit au niveau de certaines zones émergentes et à faible attractivité pour le privé. L’investissement requis par ce scénario est de l’ordre de 4 milliards de DH. En tout cas, tout dépendra de la place accordée à Fès dans le programme du nouveau gouvernement.

    Histoire

    Construite au XIIe siècle, la magnifique porte Bab Boujloud est couverte de céramique bleu-vert. Elle a été réalisée en bois de cèdre et stucs sculptés. C’est le point où se découpent les minarets de la médersa Bouânania et de la mosquée Sidi Lazaz. Porte d’accès la plus pratique pour pénétrer dans la médina, sa position lui confère le statut de symbole de la culture et du savoir-faire des fondateurs de la ville de Fès. En tout cas, la redynamisation de cette place, sa porte et ses alentours feront revivre les spectacles de rue. Les «halqas» devront attirer un public nombreux et rendront hommage au patrimoine populaire de Fès. Certains proposent en plus de mettre en avant l’art gastronomique. Il s’agit d’encourager les restaurateurs à s’y installer pour faire l’apologie des spécialités fassies. En attendant, le café Clock, mitoyen de la place, assure cette mission. Son programme Clock culture comporte des cours de calligraphie, des conférences et des concerts à la tombée de la nuit. La terrasse sur le toit est charmante comme tout. Il est l'un des endroits les plus visités par les jeunes touristes

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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