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Régions

A Fès, nouveau dérapage du maire PJD

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4953 Le 03/02/2017 | Partager
Grande polémique après un arrêté communal voté mercredi
El Azami s’arroge le droit d’interdire la mixité dans les centres de beauté
Un précédent dangereux
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Une première au Maroc. Le maire «PJD» de Fès vient de décider l’interdiction de la mixité dans les salons de coiffures, centres de beauté et Spas. C’était lors de la session du conseil communal tenue mercredi 1er février 2017. Un conseil dominé par le PJD et présidé par Driss El Azami El Idrissi, l’ancien ministre du Budget. La décision votée à l’unanimité des conseillers présents (74/97) est pour le moins surprenante et suscite une grande polémique. Surtout du côté des professionnels du tourisme qui qualifient cet acte de «rétrograde». Ils rencontrent d’ailleurs le wali de la région ce vendredi 3 février à 15 heures, ainsi que les responsables de la SMIT, et «cette question pourrait bel et bien figurer à l’ordre du jour», nous révèle-t-on.

«Nous ferons du lobbying auprès du ministère de l’Intérieur pour éviter désormais ce genre de dérapage», exprime un responsable du Conseil régional du tourisme (CRT). Même indignation auprès des dirigeants de l’association régionale des hôteliers. A noter que nombre d’hôtels classés et maisons d’hôtes sont dotés de Spas et reçoivent des touristes marocains et étrangers. Aujourd’hui, leurs propriétaires sont perplexes et s’interrogent sur la finalité de cette décision. «Le Conseil communal voudrait-il appliquer la Chariâa  et se substituer à la police des mœurs?», ironise-t-on. Et de poursuivre: «qu’en est-il des kinésithérapeutes qui pratiquent des soins corporels?».

En tout cas, l’arrêté «controversé» n’évoque que les salons de coiffures et centres de beauté. Le maire, lui, est déterminé. «Cette décision concerne notamment les centres de massages», nous a-t-il affirmé. «Signalons que l’autorisation d’exercer un commerce est du ressort de la commune. Celle-ci a le droit de fixer les règles», renchérit El Azami.  
En effet, c’est sur proposition de l’arrondissement d’Agdal que le Conseil communal qu’il dirige a décrété «l’organisation du métier de la coiffure ou de la beauté». «Le projet de cet arrêté communal a été approuvé par la commission des lieux publics et services», lit-on dans une note de présentation, distribuée lors de la session. Cet arrêté, dont L’Economiste détient copie, donne, lui, plus de précisions sur les «vraies visées» du Conseil communal, à travers ce 13e point à l’ordre du jour.

Pour mémoire, l’assemblée des élus a discuté et approuvé 29 mesures mercredi dernier. Celle relative à «la coiffure et la beauté» est répertoriée en 10 articles. Les trois premiers reviennent sur les documents à fournir pour toute demande d’autorisation de commerce. Le 4e précise que les autorités locales, la préfecture de police et la protection civile se prononcent également sur la délivrance de l’autorisation d’exercer.

Plus en détails, le 5e article souligne bien (2e point) qu’il est «strictement interdit d’exploiter -dans un salon de coiffure et de beauté- un espace commun réunissant hommes et femmes». Aussi, les centres de beauté ne seront plus autorisés dans les immeubles d’habitation ou les plateaux de bureaux. A noter que l’autorisation communale est assortie d’un engagement écrit de la part de son demandeur de ne recevoir que les femmes ou les hommes comme il est précisé dans sa demande. Pis encore, il doit s’engager également à ouvrir ses locaux aux visites surprises (descentes) de la commission de contrôle, sous peine de lui retirer l’autorisation en cas de refus (art-6 de l’arrêté communal).

En tout cas, cet arrêté devrait prendre acte (art-9) après son approbation par les autorités locales et sa publication dans le bulletin officiel (art-10). En attendant, le PV de la session du mois de février sera adressé au wali de la région, Said Zniber, qui devra poser sa signature pour validation des travaux. D’autant qu’il est le «garant» d’une bonne gouvernance locale et propose des projets à la ville et la région (musée, palais des congrès, théâtre, institut des beaux arts…).

S’il valide cette décision comme il l’avait fait pour un budget communal «surestimé» en 2016 avant qu’il ne soit «corrigé» par l’Intérieur, ce serait au département de Mohamed Hassad d’intervenir. Surtout pour freiner cet arrêté «organisationnel» et son interprétation au niveau national et international. Autrement, les maires «PJD» des autres grandes villes (Marrakech, Casablanca, Tanger…) pourraient eux aussi en faire de même. «Imaginez l’impact d’une telle décision sur une destination comme Marrakech...!», martèlent les opérateurs touristiques.

La Constitution interdit la ségrégation entre les genres!

LA mairie de Fès a suscité une grande polémique en interdisant la mixité dans les centres de beauté. Contacté par L’Economiste, un avocat au barreau de Fès, sous couvert d’anonymat, a noté que « juridiquement, l’arrêté est illégal. Car, la Constitution, loi suprême du pays, interdit la ségrégation entre les genres». «Les propriétaires de ces commerces doivent impérativement déposer un recours contre cet arrêté, au tribunal administratif… ainsi, la décision de la mairie tombera à l’eau», précise-t-il. Du même avis, un juge souligne que «la séparation et la discrimination, dans les lieux publics, sont illégales par force de loi». «Toutefois, les prestations proposées par les centres de massages sont faites dans l’intimité… A ce titre, l’ordre public ainsi que les us et coutumes ne reconnaissent pas les rencontres saines entre femmes et hommes dans des endroits isolés», ajoute-t-il.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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