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    Régions

    Meknès: La centrale bioélectrique sur les rails

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4915 Le 09/12/2016 | Partager
    Coût du projet: 450 millions de DH
    Objectif: produire 15 à 20 mégawatts
    Elus et opérateurs s’engagent pour le climat
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    Pour ses initiateurs, le projet Olea Green-Food Meknès offre, d’une part, la possibilité de produire, de manière contrôlée, de l’électricité verte 24h/24 et, d’autre part, une solution durable à la problématique écologique du secteur oléicole (Ph. Agropole Meknès)

    Le projet «Olea Green-Food Meknès», labellisé COP22, est mis sur les rails. Il devrait révolutionner le traitement des sous-produits de l’olivier au Maroc. Cette  solution écologique,  initiée par l'Agro-pôle Olivier ENA Meknès et la Fondation «Olivier Promo Meknès», s’inscrit dans un modèle novateur de production de l'énergie verte se basant sur des technologies de la trituration d’olives plus respectueuses de l’environnement, la collecte des sous-produits de l’olivier et la valorisation des sous-produits (biomasse de l’olivier) pour produire de l'énergie (électricité). Présenté lors du side event organisé pendant la COP22, le projet est le fruit d’un partenariat public-privé (PPP). Lequel réunit l’Interprolive, le ministère de l’Agriculture, les conseils élus de la région Fès-Meknès, la ville de Meknès et l’assemblée préfectorale, ainsi que des opérateurs industriels nationaux et internationaux, dont OleaFood (filiale du groupe LCM-Aïcha), Green of Africa, et Suez Recyclage et Valorisation Maroc (filiale du groupe Suez). «Un protocole d’accord vient d’être signé pour le financement de ce projet estimé à 450 millions de DH», annonce Noureddine Ouazzani, responsable de l’Agro-pôle Olivier. A noter que 80 millions de DH du montant convenu seront apportés par le privé. Le reste sera assuré par les institutionnels. In fine, l’investissement servira au financement d’une centrale bioélectrique de 15-20 mégawatts de puissance.
    Techniquement, le projet «Olea Green-Food Meknès» s'inspire des expériences étrangères (espagnoles et italiennes) en la matière pour la protection de l’environnement et la production de l’énergie. «L’évaluation et les opportunités de valorisation du gisement disponible de la biomasse de l’olivier de Meknès et sa région étaient aussi notre objectif principal», souligne Ouazzani. Pour l’initiateur du projet,  «le système de trituration de l’olivier à deux phases génère des sous-produits ayant une valeur économique importante une fois valorisés. Il s’agit particulièrement des grignons humides et des noyaux». Ces sous-produits, valorisés d’une façon adéquate, contribueront à l’amélioration de la compétitivité de la filière oléicole. Les nouvelles utilisations sont la combustion et la production de l’énergie. «Avec une puissance électrique de 15-20 MW, ce projet évitera l’émission de 107.000 à 146.000 tonnes/année de CO2», explique le responsable de l’Agro-pôle Olivier. Cet argumentaire a convaincu Mohand Laenser, en sa qualité aussi de président de la Fondation «Olivier Promo Meknès». Selon lui, «la région est en passe d’assurer la transition énergétique et écologique escomptée». En lançant le premier projet national de valorisation énergétique de la biomasse,  elle ouvre la voie à de nouveaux usages pour les technologies de transformation en énergie renouvelable. «Ce projet s’inscrit parfaitement dans le cadre de notre programme de développement régional», estime Laenser. Même son de cloche auprès de Abdallah Bouano, maire de la capitale ismaïlienne, pour qui «la ville est particulièrement engagée dans des projets de traitement/valorisation des déchets et d’énergies renouvelables». Notons que Meknès s’est dotée dernièrement d’un centre d’élimination et de valorisation des déchets conforme aux meilleurs standards existants. «Géré par Suez, ce centre permettra d’ici peu la valorisation énergétique», déclare le maire.
    Pour sa part, Mardochee Devico, PDG d’OleaFood, filiale de LCM Aïcha, affirme que «le PPP qui est un facteur déterminant pour la gestion et la valorisation des sous-produits de l’olivier pour la protection de l’environnement et le développement durable». «Grâce à notre projet, l’olivier, avec également son fort pouvoir de séquestration de carbone, passera du statut de pollueur potentiel rejetant les margines dans la Méditerranée à un statut de vecteur de développement durable et producteur d’énergie verte pour les générations futures», conclut-il.

    L’avis du COI

    Pour Abdellatif Ghedira, directeur exécutif du Conseil oléicole international (COI),  «outre le passeport santé, l’olivier joue un rôle social et économique pour une culture caractérisée par une structure agraire essentiellement basée sur la petite agriculture paysanne». Son importance agronomique dans la fixation et la fertilisation des terres, la lutte contre l’érosion hydrique et la désertification, ses faibles exigences hydriques et son adaptation aux régions de faible pluviométrie, ne sont plus à démontrer. S’agissant de la valeur durable de «l’arbre sacré», le responsable du COI soutient que «l’olivier contribue à la réduction des émissions à effet de serre et à l’énergie renouvelable». «Pour toutes ces raisons, une déclaration en faveur de la reconnaissance de l’olivier comme vecteur de développement  durable et de lutte contre les changements climatiques serait d’un grand apport», plaide Ghedira.  

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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