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    Culture

    Le premier dictionnaire de dialecte marocain voit le jour

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4913 Le 07/12/2016 | Partager
    Un premier document de 8.000 mots qui sera enrichi par la suite
    Une version web en cours d’exécution
    dictionnaire_darija_013.jpg

    Le débat autour de la darija en tant que langue d’enseignement risque de reprendre de l’ampleur avec la sortie du premier dictionnaire de dialecte marocain. Un document, qui regroupe quelque 8.000 mots, en 870 pages,  fruit de  quatre années de travail, commis par le Centre de promotion de la darija.
    Il s’agit du premier dictionnaire monolingue, c’est-à-dire un document où les mots marocains sont expliqués en darija. «Un dictionnaire fait par des marocains pour des marocains, sans exotisme mais  destiné à un usage réel» explique Khalil Mgharfaoui, sociolinguiste et directeur du Centre de promotion de la darija. Il est également l’un des trois auteurs du dictionnaire aux côtés de Abdellah Chekayri et Abdelouahed Mabrour. Les trois spécialistes se sont adjoint les services d’une dizaine d’experts linguistes et doctorants. «Nous avons fait le choix difficile d’une équipe dont les points de vues ne se rejoignent pas forcément. Ce qui a donné lieu à beaucoup de débats notamment sur les normes d’écriture. Fallait-il aller vers une écriture intuitive ou une écriture technique qui va plus vers l’arabe standard pour assurer un continuum. Il est important que l’arabe marocain n’entrave pas l’apprentissage de l’arabe standard», précise Mgharfaoui. Car même si le fond lexical de la darija est fondamentalement arabe (80% selon les experts),  certains mots ont été modifiés dans leur prononciation, des différences régionales existent et le marocain est également riche d’apports d’autres langues qu’il faut prendre en considération. L’idée est de normaliser le dialecte marocain tout en respectant les différences phonétiques régionales et les apports extérieurs.
    Pour ce faire, les auteurs ont choisi sans hésiter la graphie arabe. Créer une base linguistique commune, telle est l’ambition de ce projet. Pour l’expert, la darija représente une vraie richesse culturelle pour le Maroc. C’est pour cette raison que le document est illustré de proverbes illustrant le  patrimoine culturel national. Une autre version en ligne est prévue bientôt. Une autre collaborative, où les internautes pourront rentrer les expressions avec leurs définitions en fonction de la région dont ils sont issus. Les données seront ensuite vérifiées puis validées par un comité d’experts.

    Arabe versus darija?

    L’édition de ce dictionnaire ne risque-t-elle pas de raviver les tensions entre défenseurs de l’arabe classique et ceux du dialecte national? «Si certains se crispent aujourd’hui autour de la sacralité de la langue arabe c’est qu’ils ignorent qu’une langue est un être vivant. Aujourd’hui, nous parlons plus d’arabe standard que d’arabe classique. Tous les experts internationaux sont conscients des difficultés de l’arabe et de l’urgence d’y remédier  car cela a des incidences sur son apprentissage» rétorque notre linguiste. Une darija formalisée, donc prête à être enseignée? Sur cette question les auteurs ne se prononcent pas, mais rappellent que sur ce débat il y a un consensus entre les chercheurs: La langue maternelle est fondamentale dans l’apprentissage. L’enseignement de la darija est largement présent dans les écoles, y compris à l’université. Les élèves et les enseignants communiquent en darija.

     

     

     

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