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    Politique

    Gouvernement : Benkirane choisit la fuite en avant

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4899 Le 16/11/2016 | Partager
    Une stratégie de communication pour consacrer la théorie du complot
    Au lieu de chercher l’apaisement, le patron du PJD alimente la tension

    Décidément, Abdelilah Benkirane semble avoir le don de se compliquer la vie. Résultat: les tractations pour la formation du gouvernement risquent d’aboutir sur un blocage. Le deuxième round des négociations devra démarrer après la clôture des travaux de la COP22, comme l’a annoncé Slimane El Amrani, adjoint du secrétaire général du PJD. Mais, difficile de trouver un terrain d’entente dans une ambiance électrique. Car, au lieu de chercher l’apaisement, en s’ouvrant sur les propositions de ses potentiels alliés, Benkirane a choisi la fuite en avant, menaçant de «rendre les clés». Pour enfoncer le clou, il a expliqué qu’il est «en train d’essayer de former une majorité». Qu’il pourrait «réussir ou échouer». Ce sont les conclusions d’une intervention de Abdelilah Benkirane devant les membres du Conseil national du parti de la lampe. Une sortie qui traduit le mode opératoire en matière de communication de la formation du chef du gouvernement. Lundi après-midi, une information circulait, annonçant une intervention de Benkirane, qui sera retransmise en «live» sur le site officiel du PJD. A 20h, l’heure annoncée, une vidéo est mise en ligne. Il s’agit d’un enregistrement d’une réunion datant du 5 novembre dernier, à la veille du discours royal de la Marche verte. Depuis, cette vidéo a été mise en stand-by. L’intervention de Benkirane, qui apparaît sur cet enregistrement le visage crispé, explique «les raisons du blocage». Avant même le début de la 2e phase des négociations, le patron du PJD évoque déjà une situation de crise. Comme nous l’avons souligné sur nos colonnes, les autres partis contactés par le chef du gouvernement n’ont pas fermé la porte à l’entrée à la majorité. Ils ont toutefois annoncé que leur décision se fera sur la base de l’offre qui sera présentée. Au lieu de se mettre à la table des négociations pour aboutir à un consensus, Benkirane a haussé le ton pour dénoncer «un complot pour passer outre les résultats des élections, sans prendre en considération la volonté des électeurs». Il n’a pas hésité à pointer «la responsabilité du PAM», dans ces «manœuvres». Les attaques du patron du PJD ont été aussi dirigées contre d’autres formations, notamment l’USFP. Il a jugé sa demande de présider la Chambre des représentants «d’illogique», estimant que cette question «doit être discutée au sein de la majorité». Il a également dit «ne pas comprendre l’alliance du RNI avec l’UC et l’insistance du MP et de l’USFP de lier leur entrée au gouvernement à la participation du parti de la colombe». En face, il s’est accroché à la coalition avec l’Istiqlal, et n’a pas tari d’éloges sur Hamid Chabat, qui aurait refusé, selon lui, «de participer au complot sur les résultats des élections, suite à la réunion présidée par le patron du PAM». Une rencontre dont la tenue a été démentie par les dirigeants du parti du tracteur.

    Jamais sans le RNI?

    Aujourd’hui, Abdelilah Benkirane est conscient que le prochain gouvernement ne pourrait être mis en place sans le RNI. Ce qui ne l’a pas empêché d’attaquer son président, Aziz Akhannouch, même s’il a avancé qu’ils «entretiennent de bonnes relations». Mais il a refusé «la volonté d’une personne de se comporter comme s’il était le véritable chef du gouvernement». Benkirane, qui visait Akhannouch, a estimé que les conditions posées par le patron du RNI «sont inacceptables». Là aussi le patron du PJD opte pour la logique numérique, rappelant que son parti dispose de 125 sièges à la première Chambre, alors que le RNI n’en dispose que de 37. Or, le discours royal a été on ne peut plus clair, en appelant à dépasser cette logique et d’œuvrer pour la mise en place d’un gouvernement sérieux et cohérent, réuni autour des priorités du pays.

     

     

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