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    International

    Turquie: Erdogan cherche à décapiter la presse

    Par Reda BENOMAR | Edition N°:4894 Le 09/11/2016 | Partager
    Plus de 35.000 arrestations depuis le putsch raté de juillet
    15 journaux, 36 chaînes de télévision et 23 radios ont été fermés

    Dans un contexte de purges tous azimuts, les 28 pays membres de l’Union européenne ont exhorté mardi 8 novembre la Turquie à «sauvegarder sa démocratie parlementaire». Les arrestations d’intellectuels, d’hommes politiques, et de journalistes se multiplient en Turquie.
    «Le journalisme en Turquie, c’est terminé», a lancé Erol Önderoglu représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie. L’ouverture mardi 8 novembre du procès de ce journaliste franco-turc pour «propagande terroriste» en faveur des rebelles kurdes a vivement fait réagir dans le pays. «Avec l’état d’urgence, on a mis fin à la profession. Ce sont des activités bannies dans la culture», a-t-il expliqué, alors que 15 journaux, 36 chaînes de télévision, 23 radios et 29 maisons d’édition ont été contraints de stopper leurs activités. Le président turc a désormais son portrait tout en haut de la liste «des prédateurs de la liberté de la presse» publié par RSF. Angela Merkel a qualifié d’«alarmantes» les récentes mesures prises par le gouvernement turc contre les médias, évoquant «le bien précieux qu’est la liberté de la presse et la liberté d’opinion».
    Le principe désormais appliqué a Ankara est le suivant: «soit vous pensez comme moi, soit je vous enferme». Le 31 octobre c’est le rédacteur en chef du principal quotidien d’opposition, Cumhuriyet, qui a été arrêté avec 13 de ses journalistes et responsables administratifs. Selon les autorités, ces arrestations ont eu lieu dans le cadre d’une enquête pour «activité terroriste» en lien avec le mouvement du «prédicateur» Fethullah Gülen et avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Allégations jugées absurdes au sein même de la rédaction du journal. L’Allemagne se dit «solidaire» avec les personnes persécutées ou menacées de l’être par Ankara et prête à leur offrir l’asile politique, a affirmé un secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères.
    La Turquie a protesté auprès des ambassadeurs de l’Union européenne à Ankara contre les critiques de leurs pays au sujet des purges menées depuis le putsch avorté de juillet. Ces critiques se sont amplifiées ces derniers jours après l’arrestation vendredi 4 novembre d’une dizaine de députés du principal parti prokurde de Turquie, le HDP, dont ses deux chefs.  Accusé d’être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, en guerre contre l’Etat turc depuis 1984), le parti est depuis longtemps dans le viseur des autorités. Déjà en mai, 50 députés du parti démocratique des peuples (HDP) avaient perdu leur immunité parlementaire. Troisième formation du parlement avec 59 députés, le HDP a, pour rappel, récolté 5 millions de voix aux dernières élections législatives de 2015. Cette nouvelle passe d’armes intervient avant la publication attendue aujourd’hui (mercredi 9 novembre) d’un nouveau rapport d’étape de l’UE sur le processus d’adhésion de la Turquie et qui, selon la presse allemande, devrait épingler Ankara sur la question de la liberté d’expression.

    L’hécatombe continue

    Dans la chasse aux sorcières qui sévit depuis le 15 juillet, 55.000 professeurs ont été mis à pied, un quart des magistrats et la moitié des généraux évincés. 98.000 fonctionnaires ont été radiés du jour au lendemain. 10.200 de plus, par décrets, dans les ministères de l’Éducation, de la Justice et de la Santé selon la dernière publication du Journal officiel turc. Décrets, plus liberticides les uns que les autres, qui se succèdent depuis la prolongation de l’état d’urgence. Le président turc a même affirmé samedi 29 octobre que le rétablissement de la peine de mort serait soumis au Parlement, malgré les critiques de l’UE.

     

     

     

     

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