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Politique

Maroc/Mauritanie
Pourquoi le torchon brûle

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4838 Le 18/08/2016 | Partager
Nouakchott multiplie les actes de provocation anti-marocains
Une crise encore silencieuse, qui n’a pas pris un caractère officiel
«L’absence d’une vision stratégique mauritanienne explique ces tergiversations»
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Le Maroc a été on ne peut plus clair suite aux mouvements de ses forces dans la zone de Gargarate, coupant la route à toutes interprétations erronées. Il s’agit d’actions dissuasives, qui visent à «mettre fin aux activités de contrebande et de commerce illicite» (Ph. L’Economiste)

La tension est palpable entre Rabat et Nouakchott, notamment avec la multiplication des provocations anti-marocaines de la part du voisin du Sud. Cependant, s’il s’agit d’une «véritable crise», selon plusieurs observateurs, elle reste «silencieuse et n’a pas encore pris un caractère officiel», selon Driss Lagrini, professeur des sciences politiques et relations internationales à l’Université Qadi Ayyad à Marrakech. En effet, officiellement, le Maroc n’a pris aucune position hostile à la Mauritanie. Le ministère des Affaires étrangères ne s’est pas prononcé sur ce dossier. Les derniers mouvements des services sécuritaires dans la zone frontalière de Gargarate ne s’inscrit pas dans une logique de bras de fer. «Le communiqué des autorités marocaines a été on ne peut plus clair, coupant ainsi la route à toute interprétation erronée», a précisé Lagrini. Les opérations de ratissage menées par les services de sécurité et de la douane, depuis le 14 août dernier, visent à renforcer la stabilité de cette zone et l’assainir des activités de banditisme. Il s’agit d’une décision «de souveraineté», qui répond à une stratégie de dissuasion. L’objectif est de «mettre fin aux activités de contrebande et de commerce illicite», selon le communiqué du ministère de l’Intérieur. Les forces marocaines ont procédé à l’évacuation de trois points de rassemblement de carrosseries de voitures et de camions d’occasion, comprenant plus de 600 véhicules. L’intervention marocaine s’inscrit ainsi dans une logique de renforcement de la sécurité de cette zone avec la Mauritanie, proche du Sahel, qui connaît une grande présence de bandes criminelles, de trafiquants en tout genre et de groupes terroristes. Les menaces sont grandes. «Les mouvements des forces marocaines constituent un signal adressé à la Mauritanie et aux autres Etats de la région, signifiant que le challenge de maintien de la stabilité et de la sécurité dans cette région impose de dépasser les calculs politiciens et les alliances consacrant les divisions», a expliqué ce politologue. En clair, la Mauritanie semble jouer avec le feu, en multipliant les maladresses. Rapprochement avec le Polisario, levée du drapeau mauritanien dans la zone de Lagouira, non-renouvellement des permis de travailleurs marocains… autant de fausses notes qui ont rythmé les relations entre les deux pays les derniers mois. Plusieurs observateurs pointent la responsabilité de l’Algérie, qui aurait «tenté d’exploiter la froideur des relations entre les deux pays pour amplifier les tensions dans cette zone». Or, cette approche risque de saper les efforts menés pour consolider un axe de coopération africaine, rassemblant le Maroc et les Etats de l’Afrique de l’Ouest. Pour ce politologue, cette situation témoigne de «l’absence d’une vision stratégique du régime mauritanien, et d’un manque de pertinence dans ses décisions qui ne servent pas ses intérêts». Cela est dû à «la fragilité de ce régime». Une situation qui se manifeste à travers «les tergiversations qui marquent sa politique étrangère, mais également les problèmes politiques, économiques et sociaux que connaît ce pays au niveau interne», a-t-il dit. L’échec du Sommet arabe organisé récemment à Nouakchott, boycotté par plusieurs chefs d’Etat, témoigne des difficultés que connaît la diplomatie mauritanienne.

Neutralité rompue

La froideur des relations entre le Maroc et la Mauritanie remonte à quelques années. L’arrivée de Mohamed Ould Abdelaziz à la présidence s’est traduite par une rupture de la politique d’équilibre observée par le voisin du Sud dans ses relations avec le Maroc et l’Algérie. Le rapprochement avec l’Algérie et le Polisario est de plus en plus visible. «Cette situation ne dérange pas Rabat, à condition que cela ne se fasse pas à ses dépens», a estimé Driss Lagrini. Aujourd’hui, «cette crise reste officieuse, tant que les relations officielles et les intérêts gardent leur régularité», selon certains observateurs. Ils ont estimé que «la Mauritanie est appelée à revoir ses positions, dans la mesure où l’orientation actuelle pourrait consacrer les divisions dans la région, au risque de saper les efforts de lutte contre le terrorisme et le grand banditisme, qui nécessitent le déploiement de stratégies communes».

 

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