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    Analyse

    La compétitivité grevée par le coût du travail

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4829 Le 05/08/2016 | Partager
    Les salaires augmentent plus vite que la productivité
    Urgence de la réforme de l'éducation et du marché du travail
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    Les clés de rattrapage économique se trouvent dans les gains de productivité. La réalité dans les usines est un peu rude. Les ressources coûtent relativement plus cher que dans des pays concurrents et elles sont en plus moins productives

    Le constat est sans équivoque: l'économie a créé seulement 33.000 emplois en 2015. Avant cet effondrement, elle avait créé 129.000 postes en moyenne par an entre 2003 et 2014. Il faut des points de croissance supplémentaires pour accélérer les créations de jobs. Mais, la hausse du PIB à elle seule ne suffira pas à résorber le chômage, disent les experts. Il faut aussi un marché du travail plus efficace.
    Au-delà de la taille de la population active, le niveau des personnes en emploi constitue l'un des points noirs de la croissance. Le Fonds monétaire international interpelle de nouveau le gouvernement sur deux réformes clés: l'éducation et la régulation du marché du travail. «L'amélioration de la performance du système éducatif et la réduction de l'inadéquation entre les compétences et les besoins du marché du travail sont des priorités», relève le FMI dans sa dernière évaluation de la situation économique. Les créations d'emplois se concentrent sur des personnes moins qualifiées et donc moins productives. C'est en partie la conséquence des régressions enregistrées ces dix dernières années en matière d'éducation et d'innovation. Le diagnostic provient du rapport 2015-2016 du WEF sur la compétitivité. Comme tout classement, il ne capte pas totalement la réalité du terrain. Mais, il reste un outil d'analyse et d'aide à la prise de décision, notamment pour les investisseurs. Le Maroc s'est amélioré sur plusieurs points, mais sa compétitivité se heurte à la faible qualité des ressources humaines ainsi que la faiblesse des investissements en recherche-développement.

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    Il faudra une croissance plus soutenue et un marché du travail plus efficace pour résorber le chômage, surtout des jeunes. Le FMI pointe de nombreux obstacles sur le marché du travail et une pression fiscale élevée sur les salariés

    Les politiques mises en place ces dernières années et l'émergence de certains secteurs à fort contenu technologique comme l'automobile et l'aéronautique favorisent une reconfiguration du tissu industriel et une montée en gamme de l'offre exportable. Des premiers résultats encourageants sont visibles dans l'automobile et l'aéronautique, mais l'effet d'entraînement sur les autres branches reste pour l'instant limité. Globalement, il y a encore beaucoup d'effort à fournir en termes de diversification et sur la qualité des produits exportés.
    La compétitivité des entreprises viendra aussi de l'amélioration des coûts de production. Or, le Maroc est encore une économie très dépendante du pétrole. La faible diversification énergétique met les entreprises en difficulté notamment face à certains de leurs concurrents sur les marchés étrangers. D'un autre côté, elles semblent un peu désavantagées en matière de coût de la main-d'œuvre. Comparé aux standards internationaux, «le niveau minimum des salaires est élevé par rapport à la productivité moyenne des travailleurs» relève le FMI. Entre 2003 et 2013, le coût unitaire moyen de la main-d'œuvre a progressé plus vite que la productivité apparente du travail, selon les experts de la Direction des études et prévisions financières (DEPF) du ministère des Finances. Sur la période, le SMIG a été revalorisé à huit reprises. La hausse des revenus des ménages constitue un stimulant pour la consommation et donc crée plus de demande pour les entreprises. Ceci dit, les hausses des coûts de production ne peuvent pas être totalement répercutées sur les prix de vente, ce qui peut conduire à un écrasement des marges des industriels. De même, la demande pour les produits, bas en gamme, est très sensible à leur prix. Les stratégies industrielles déployées ces dernières années favorisent notamment une montée en gamme des produits. Mais cela n'a pas permis d'augmenter le poids du Maroc dans le commerce mondial. Sa part de marché à l'export est restée cantonnée aux alentours de 0,13% depuis 2000, là où des pays concurrents ont fait mieux.

     

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