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L'Edito

Accès à l’information

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5465 Le 04/03/2019 | Partager
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L'on pensait que l’ineffable  culture du secret et de l’opacité était l’apanage de certaines administrations. L’on découvre depuis plusieurs mois et quelques jours, l’affaire refaisant surface, qu’elle contamine l’une des institutions, censées être plus proches du citoyen, le Parlement.

En dépit de nombreux appels à la raison, de l’inquiétude des chancelleries et de plusieurs ONG,  quatre journalistes ainsi qu’un conseiller  sont toujours sous le coup de poursuites judiciaires pour avoir diffusé le compte rendu d’une commission parlementaire sur la CMR.

Il faut sans doute se pincer pour réaliser que le Maroc a réussi l’exploit  d’étendre les frontières des lignes rouges et sacraliser des sujets, autrefois exclusivement techniques, les transformant en nouveaux secrets d’Etat. Aux origines hallucinantes de cette tentative d’omerta «légale», se trouve une réforme concoctée par le gouvernement Benkirane, concrétisée par le gouvernement El Othmani, et dont les dégâts ne font que commencer. Elle porte le joli nom de «loi d’accès à l’information».

Depuis son entrée en vigueur en mai dernier, la loi 31-13 semble bien avoir contribué à changer quelques mœurs. Celles de fonctionnaires ou de parlementaires qui peuvent désormais s’éclater dans des définitions extensives du devoir de réserve.

Soit parce que l’opacité les arrange, soit parce que, terrorisés, ils ne tiennent pas à prendre de risques judiciaires. Officiellement, il n’existe bien évidemment pas de consignes officielles de verrouillage de l’information.

Par exemple, les comptes rendus relatifs aux activités ministérielles protocolaires ne manquent pas, ni on, ni off line. Cependant, ceux-ci  s’apparentent souvent à une fausse transparence.

Quelques débits informationnels y sont servis en pâture mais pas les clefs d’analyse nécessaires à la compréhension de dossiers stratégiques et de leurs déterminants, en rapport avec la collectivité, le contribuable, ou avec les politiques publiques.

A ce titre, au-delà de l’accès à l’information, c’est la démocratie qui est en danger.

 

 

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