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L'Edito

Utopia

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5571 Le 07/08/2019 | Partager
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Le drame de la petite Hiba, brûlée vive à Sidi Allal Al Bahraoui, fait partie de cette actualité régionale déplorable et déprimante qu’il serait tentant, à première vue, de reléguer à la rubrique faits divers.

En réalité, encore une fois apparaissent, sous une lumière crue, des interrogations et de forts soupçons de négligence dont se fait d’ores et déjà écho la vox populi: un enfant laissé seul, des pompiers en retard (alors que la caserne est toute proche, selon notre journaliste sur place), le feu provoqué par un chargeur de téléphone défaillant ou contrefait, l’absence de dispositif anti-incendie élémentaire dans tout un pâté de maisons…

Dans le scénario idéal, l’épisode de Sidi Allal Bahraoui va contribuer à réveiller les consciences. Très rapidement, le gouvernement décrète une réunion d’urgence et dépêche une délégation ministérielle sur place pour envoyer un message dans une affaire où la symbolique compte tout autant que les actes.

Dans le scénario rêvé aussi, une mission parlementaire est constituée et ouvre une enquête pour dresser l’état des lieux sur les risques d’habitation et les normes de sécurité des villes marocaines. Après tout, en 2019, il s’agit d’ambitions élémentaires pour un pays qui se revendique de l’émergence.

Dans la foulée, la commission s’intéresse à la dérive des procédures d’octroi des permis de construction, une immense antichambre aux non-conformités et à leurs factures collatérales, lesquelles endeuillent chaque année des familles.

Dans le scénario parfait enfin, gouvernement et Parlement feront leur mea-culpa pour dresser le constat d’échec puis imaginer un plan pour corriger les limites de l’exercice de moralisation de la vie publique. Lequel n’a pas avancé au point de voir suffisamment de responsables locaux, qu’il s’agisse de fonctionnaires ou d’élus, rendre des comptes.

Ne l’oublions pas, la prévention de ces accidents interpelle avant tout les auteurs indirects, coupables d’avoir alimenté par leur négligence les ingrédients du drame ou de n’avoir rien fait pour l’en empêcher. Pour l’heure, c’est Utopia...

 

 

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