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L'Edito

Terres

Par L'Economiste| Edition N°:3963 Le 07/02/2013 | Partager

DIT  et répété hier au forum de Paris: il n’y a pas de croissance sans investissement. C’est le point vers lequel doivent converger toutes les bonnes recettes. Or, s’il y a un domaine qui manque véritablement de rythme dans cet écosystème au Maroc, c’est bien celui du foncier. Trop de tracasseries, trop de bureaucratie, trop d’opacité. On ne peut considérer que les dernières turpitudes soient de nature à lever les incertitudes.
A Casablanca, les nouveaux plans d’aménagement, censés réincarner un sursaut, tournent au fiasco. Aux multiples dérogations existantes, véritables niches aux négociations «offshore», les nouvelles versions semblent en rajouter d’autres. Dans le même ordre d’idées, les graves accusations portées lundi au Parlement par le député PJDiste El Idrissi finissent par tordre le cou à la volonté, affichée sur le papier, de réformer les terres collectives, un autre gisement foncier sous exploité. Curieuse affaire en effet: alors que le statut «urf» est souvent mis à contribution pour justifier la non-action et la complexité du partage, ici, il est visiblement  très facile de se procurer des «chèques en blanc» qui donnent droit à des transactions foncières en tout genre!
Le cas Meknès/El Hajeb est épinglé, mais dans beaucoup d’autres provinces, la difficulté reste l’accès à l’information: qui a quoi, à quel titre et depuis quand! A moins de considérer, et ce serait cynique, que l’occultation de ces informations permet finalement de s’épargner des attributions à des ayants droit qui se manifesteraient tardivement!
La première des priorités ici est de mettre fin aux soupçons de petits arrangements que dénoncent régulièrement ONG et aujourd’hui députés. La tutelle doit monter au créneau pour montrer qu’elle est lavée de tout soupçon de dysfonctionnement politique et/ou administratif et qu’elle s’investit totalement dans ce chantier. La réforme sera crédibilisée à ce prix... seulement.

Mohamed BENABID

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