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L'Edito

Tabou

Par L'Economiste| Edition N°:1557 Le 09/07/2003 | Partager

Voilà plusieurs mois qu'ils essayaient de négocier, de reposer leur problème de marges. Personne ne les avait crus capables de baisser leur rideau. Ils l'ont fait: voilà les boulangers en grève dans les principales villes du pays! Le prix du pain fait partie de ces rares produits encore encadrés, fixés par l'Etat.Depuis 12 ans, il n'a pas bougé. Pas un gouvernement n'ose toucher à ce symbole. Tous redoutent que le moindre centime ajouté sur le prix du pain n'entraîne des émeutes. C'est un tabou: avec constance et détermination, tous les gouvernements ont évité changement et réforme.A un bout, nous avons une agriculture arriérée, qui entretient à gros jets la production de la misère. A l'autre bout, des boulangers en colère qui, hier, ont perturbé le travail de ces milliers de petites entreprises qui ont inventé le fast-food des chantiers. Entre les deux, des filières coûteuses et gaspilleuses parce qu'inefficaces. La bureaucratie croit encadrer ces filières, en fixant circuits, prix et agréments. Au mieux, elle entrave le travail. Au pis, elle favorise des circuits parallèles où circule "l'argent parallèle". Ne serait-il pas temps d'arrêter de se faire peur avec des tabous? Tôt ou tard, il faudra ouvrir les marchés agricoles. Tôt ou tard, il faudra faire en sorte que les fellahs gagnent correctement leur vie en travaillant enfin efficacement dans un marché normal, moderne. Tôt ou tard, il faudra arrêter de raisonner comme si le Maroc avait les moyens de refuser le progrès. Des positions politiques, des rentes de situation vont être remises en cause, c'est évident. Mais il y a vingt ans qu'elles auraient déjà dû l'être. Parce qu'il a la tête pleine de tabous, voilà vingt ans que le Maroc rate systématiquement tous les rendez-vous de l'agriculture et de l'agro-industrie. Hier, les boulangers nous ont enlevé le pain de la bouche, mais nous en avons sur la planche pour redresser notre politique céréalière.Nadia SALAH

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