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L'Edito

Sanctuaire

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5706 Le 26/02/2020 | Partager
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Quel commerce transfrontalier avec l’Espagne, via Sebta et peut-être aussi Melilla? Sujet brûlant depuis plusieurs semaines eu égard aux enjeux pour les populations tributaires de cette manne.

L’avenir des deux enclaves se jouera-t-il au Sud? Il est permis à ce stade de le penser. En renforçant le contrôle à la frontière, Rabat a sans doute fait sauter un tabou dans une démarche qui semble vouloir explorer de nouvelles voies de compétitivité pour la région.

A condition que le processus soit irréversible, la stratégie est accueillie avec beaucoup de satisfaction par les opérateurs nationaux. Elle tranche avec la circonspection qui a prévalu pendant longtemps sur ce dossier.

Fermer les yeux est un moyen, du côté marocain, d’acheter un peu de paix sociale, et du côté espagnol, de protéger des rentes commerciales.

En réalité, c’est d’un remède empoisonné dont il s’agit dans la mesure où cette situation maintient la région en marge de l’économie formelle et renforce les soupçons de corruption chez les réseaux qui contrôlent les postes-frontières.

Le Maroc n’est pourtant pas responsable des fragilités originelles des deux enclaves: leurs petites tailles limitent les débouchés de leurs marchés intérieurs ainsi que leurs perspectives économiques. Les inquiétudes des opérateurs ibériques   ne s’expliquent pas autrement que par la crainte de perdre leur sanctuaire africain.

A ce titre, la question de la formalisation de l’informel n’est finalement qu’une partie du débat. Elle ne peut étouffer le sempiternel sujet des frontières.

Sebta et Melilla sont avant tout des cas flagrants de discontinuité territoriale, reliquats des ex-empires coloniaux. Elles tiennent à conserver la filiation au pays qui en a la souveraineté, tout en se subventionnant sur le dos de l’Etat enclavant qui les abrite. Peu cohérent comme argument. Au sud de l’Europe, la géopolitique marche sur la tête.

 

 

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