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Par L'Economiste| Edition N°:955 Le 12/02/2001 | Partager

Que va-t-il sortir de cette affaire CIH? Une chose est sûre: personne ne peut plus l'enterrer et c'est heureux. Le Maroc ne peut plus continuer à vivre sur le mode clientéliste d'échanges de services et de réseaux familiaux, partisans ou d'affaires.De ce point de vue, le travail de la Commission parlementaire est absolument irremplaçable. Il est et restera une date-clef de l'histoire, le moment où le Maroc a dit que les élus avaient vraiment le pouvoir d'investigation sur la chose publique. Et avec ce pouvoir, le pouvoir de dénonciation, lequel est le seul à laisser espérer «le plus jamais ça» réclamé par l'opinion publique.Malheureusement, il ne suffit pas de le décréter pour que le clientélisme entre sans regimber dans le placard de l'Histoire. Or, le travail de la Commission a bien l'air de souffrir aussi du poids des usages. Quelques oublis, quelques situations un peu chargées... il n'en faut pas plus pour atténuer des responsabilités et en mettre d'autres en relief. Il suffit que cela corresponde plus ou moins à des clivages de réseaux ou des clivages politiques, pour que personne ne veuille croire au hasard. Le bénéfice de l'opération sera perdu. L'opinion publique dira «tous pourris». A partir de là, toutes les aventures peuvent survenir.En ce sens, Bank Al-Maghrib fait bien de ne pas se laisser accuser et de montrer ce que la Commission doit à son travail. BAM montre aussi autre chose, qu'elle était moins forte que certains réseaux. Il lui manquait le pouvoir d'appeler l'opinion publique. La Commission a ce pouvoir, mais elle est influençable par d'autres réseaux, des réseaux qui ne peuvent pas piéger Bank Al-Maghrib. En fait, c'est un équilibre des responsabilités, des compétences et des pouvoirs qui est en train de naître. Il faut l'encourager, car c'est cela une démocratie qui fonctionne.Nadia SALAH

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