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L'Edito

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Par L'Economiste| Edition N°:4672 Le 21/12/2015 | Partager

Rien que les intérêts de la dette dévorent les quatre cinquièmes des recettes de l’impôt sur les revenus. Même  si chacun fait tout de suite le lien entre ce calcul et les contrôles fiscaux, il n’en reste pas moins que le calcul est juste. Malheureusement juste.
Il faudra, une fois n’est pas coutume dans cette colonne, saluer le courage du chef du gouvernement et de son actuel ministre des Finances. Abdelilah Benkirane et Mohamed Boussaid ont osé aller à contre-courant des pressions faussement sociales et vraiment politiques, pour couper la moitié de l’hémorragie financière du Royaume sur les subventions sur les carburants.
Cette colossale hémorragie (5% du PIB dans les dernières années) laisse un pays épuisé, profondément  anémié.
Le Maroc était au seuil de l’émergence. Il est rejeté pour longtemps vers les pays en voie de développement, en-dessous de la moyenne mondiale, juste parce que trois gouvernements de suite,  plus celui de l’alliance PJD-Istiqlal ont refusé de prendre leur responsabilité. Pourtant, les  schémas de sortie des subventions existaient depuis la fin des années 1990, au moment où tout cela ne coûtait pas grand-chose! Ceci n’est dit que dans l’espoir (vain?) que la classe politique n’oublie pas le prix des fautes démagogiques.
Aujourd’hui donc, le Maroc est économiquement affaibli.  Il  voit craquer plusieurs de ses plus solides constructions. Il ne sait plus avoir de stratégie touristique. Ses entreprises immobilières capables de vendre leur service à l’étranger sont clouées au sol par imprudence financière. La conception même de la protection de son industrie est devenue flottante menaçant par endroits de virer aux scandales… L’Etat, pas seulement le gouvernement, doit repenser ses équilibres et ses facteurs de dynamisme.

 

Nadia SALAH

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