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Par L'Economiste| Edition N°:1780 Le 01/06/2004 | Partager

Le bras de fer entre la RAM et les pilotes semble tourner au cul-de-sac dont personne ne sortirait gagnant. Le mouvement de grève a donc été reconduit pour quatre jours et rien ne laisse présager pour l’heure une issue rapide du conflit. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’il impose une dure épreuve à la clientèle. A-t-on pensé à l’intérêt du pays, à ces activités touristiques et à ces emplois, aujourd’hui sanctionnés gratuitement? Maintenant concernant le mouvement en lui-même, des questions s’imposent. Le droit à la grève est sacré. Mais était-ce l’unique recours?Si le mouvement semble de plus en plus gagner en impopularité, c’est que pour une grande part de l’opinion publique, il ressemble à une fuite en avant. Les discours des grévistes sur la démocratie sociale au sein de la compagnie aérienne passent mal. Surtout lorsqu’ils émanent d’une corporation où la pluralité syndicale n’est pas le fort. Aujourd’hui, le risque pour les pilotes est de faire passer leur mouvement pour du militantisme primaire, qui plus est très éloigné de la lutte des classes, compte tenu des niveaux de salaires en vigueur (cf. www.leconomiste.com).De par la longueur de leurs études et la nature de leur travail, les pilotes ont certes droit à des égards et à une valorisation sociale. C’est même l’un des métiers qui font le plus rêver. Mais il y a des réalités que les pilotes ne doivent pas oublier. En particulier qu’ils n’ont pas le monopole de l’effort et des sacrifices. A la RAM, seuls 400 employés sont en grève. Comment expliquer que les autres, notamment ceux qui font de “sales jobs”, ou des boulots ingrats, -et ils sont nombreux dans une compagnie qui emploie 6.000 personnes-, n’aient pas débrayé au moment où d’autres ne contrôlent pas leurs débordements. La colère ne peut pas tout justifier. Et encore moins la pensée unique.Mohamed BENABID

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