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L'Edito

Raison

Par Nadia SALAH| Edition N°:5297 Le 20/06/2018 | Partager
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Vu le fonctionnement du gouvernement El Othmani, vu que les ministres PJD ne se déplacent même plus pour participer aux débats ou décisions qui concernent leur propre département, on peut malheureusement parier que personne ne fera les arbitrages nécessaires à la construction du projet de loi de finances pour 2019. 

Que se passe-t-il quand il n’y a plus de chat dans une maison? Les souris dansent puis elles dévorent les provisions. Dans notre cas, ces souris-là dévorent à crédit les provisions de nos enfants et petits-enfants.
Dans la situation d’un gouvernement, c’est plus pénible que les souris.

En effet, sans arbitre, la conduite des affaires publiques sera rapidement mise au service d’ambitions personnelles. Les choix stratégiques ne seront bientôt plus que le résultat des négociations entre ces ambitions.

On voit pire, prédisent les sociologues: au lieu de rester organisés en société, des groupes de personnes se mettent à raisonner selon des formes tribales, agressifs les uns envers les autres. Espérons que la mémoire collective du Maroc fera mentir cette prédiction.

En attendant, il faut préparer un projet de loi de finances.

Jusqu’à présent les syndicats et les élus de la CGEM ne se sentaient concernés par cette préparation que d’un point de vue corporatiste, les premiers sur les revenus des travailleurs, les seconds sur les impôts des entreprises.

Au jour d’aujourd’hui, cela ne va pas suffire. Depuis dix ans, la gestion des finances publiques n’a ni queue ni tête. Le taux de rentabilité est l’un des plus bas du monde, ce qui démontre bien que l’argent est jeté par les fenêtres.  On connaît les conséquences: baisse du pouvoir d’achat, retard de paiement et chômage. Puis, dans la foulée, destruction du lien social.

Syndicats et patronat doivent sortir de leur réserve et s’engager activement pour ramener le Maroc vers des conceptions plus raisonnables de la gestion financière de l’Etat.

 

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