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L'Edito

Poulets

Par Nadia SALAH| Edition N°:5375 Le 19/10/2018 | Partager
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Mangez de la dinde. Non, l’auteur de ces lignes n’a pas d’élevage de dindes, ni le moindre intérêt dans le domaine.

Ce qui distingue la viande de dinde, c’est que 4 fois sur 5, vous aurez la chance de tomber sur le produit d’un circuit à peu près correctement suivi. D’introduction relativement récente dans sa version industrielle, cet élevage est tenu par des professionnels, l’abattage aussi. La filière est suivie par l’ONSSA. Et au bout, la distribution se fait, dans des conditions convenables, selon des circuits modernes.

Et dans le 5e cas, celui qui reste? C’est à vos risques et périls. Comme le reste des volailles. Peut-être que l’éleveur sait ce qu’il fait en matière de conditions sanitaires. Peut-être pas. En fait, la majorité sait, mais pourquoi s’en préoccuperait-elle puisqu’il n’y a jamais de conséquences?

Le pire est en aval où il n’y a pas davantage de conséquences.  En mangeant du poulet, vous avez 4 chances sur 5 de tomber sur n’importe quelle viande, abattue n’importe où, par n’importe qui, conservée n’importe comment. On en voit moins, mais il existe encore des bouchers qui ne font vider votre poulet qu’une fois que vous l’avez payé. Un poulet qui, de ce fait, est peut-être devenu toxique, mais dont on vous vantera le goût.

C’est l’an mil qui perdure en 2018. Encore que les savants arabes de l’an mil furent probablement capables de repérer les mauvais comportements sanitaires.

Dans cette filière, on a des collisions de compétences. L’Agriculture se heurte à l’Intérieur qui se heurte aux collectivités locales, qui se heurtent au Commerce-Industrie.

L’élu local a à cœur de servir sa clientèle électorale, le ministère de l’Intérieur redoute plus les manifestations que les empoisonnements, le Commerce ne s’occupe plus de modernisation, l’Agriculture ne doit pas aller sur le terrain des autres.

Résultat: chacun sert ses clients et sa politique. Tant pis pour les citoyens.

 

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