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L'Edito

Piège mental

Par Nadia SALAH| Edition N°:5239 Le 28/03/2018 | Partager
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En quelques mois, le monde de la Justice a changé de références. Une partie est déjà installée, avec le Conseil supérieur de la Magistrature et le Procureur général. Une autre est peut-être à faire, si les débats publics en montrent la nécessité, ce qui n’est pas certain du moins pour l’instant.

La troisième partie de ce mouvement de réforme est très importante. Il s’agit du fonctionnement des nouvelles institutions et l’articulation avec les institutions existantes. On en parle peu.
La quatrième partie est celle dont on ne parle jamais. Ce qui n’est pas un bon signe. Il s’agit de la formation, la vertu et l’élévation d’esprit des hommes et des femmes qui font passer les textes du papier vers la pratique quotidienne. 

En clair, il ne suffit pas de dire «indépendance» pour qu’elle se mette à exister et devenir une référence. Mais ce n’est pas tout.
Il y a là un piège mental. Quand on dit indépendance, on pense tout de suite et quasi-uniquement à l’indépendance par rapport au pouvoir politique.

Pourtant il n’y a là qu’un tout petit bout du sujet. On a eu un exemple en direct, l’année dernière, quand un juge sud-africain a ordonné la saisie d’un bateau de phosphates, ce que n’a pas fait son homologue panaméen, mis devant la même plainte. Les deux sont indépendants de leur gouvernement, mais le premier est engagé politiquement.

Cela peut être un engagement personnel ou un engagement corporatiste, syndical... Les erreurs de jugement commises dans le cadre de cet engagement ne sont pas redressables car elles sont couvertes par le principe d’indépendance.

Ce piège mental est redoutable, car il n’est identifié et mis en concept que par une trop petite partie du monde judiciaire,  y compris dans le monde de l’enseignement du droit. Sans un puissant soutien dans la formation et avec le CNDH, le Maroc mettra trop longtemps à identifier les pièges. Un temps qui produira trop de souffrances inutiles.

 

 

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