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L'Edito

Parlement

Par L'Economiste| Edition N°:2341 Le 16/08/2006 | Partager

Qu’on le regrette, ou qu’on s’en félicite, la campagne électorale a commencé, entretenue aujourd’hui par les discussions fort chaudes sur les textes organisant les élections: c’est normal puisque l’Etat et le Palais ont clairement fait savoir que c’est aux partis politiques, surtout ceux de la majorité, de poser le cadre électif et d’en prendre la responsabilité.Parallèlement, l’idée selon laquelle le Parlement ne sert à rien demeure, reprise et développée dans les élites, en particulier les élites économiques, qui seraient pourtant les premières perdantes si le Parlement venait à être marginalisé. Les arguments contre lui ne manquent pas, en tête desquels l’absentéisme dans l’hémicycle, que l’opinion publique marocaine vit très mal: elle ne sait pas ou ne veut pas savoir que la fonction parlementaire peut aussi se faire en l’absence des personnes. Les parlementaires, qui ne sont que les mandataires de leurs circonscriptions, doivent intégrer et faire droit à cette demande de leurs concitoyens: eux-mêmes, l’Institution qu’ils servent et la démocratie ont tout à y gagner.Mais ce n’est pas vraiment suffisant. Le Parlement, dans ses deux chambres, a besoin de soigner son image, ce qui est certes l’affaires de chaque élu, mais qui est aussi l’affaire de l’Institution en tant que telle.Le Parlement n’est pas seul à travailler à l’expression des orientations et désirs des citoyens. Y travaillent aussi le gouvernement, les ONG, les médias, les divers Conseil supérieurs, les partis eux-mêmes… autant d’organes et d’organismes qui parlent beaucoup, qui savent occuper le terrain de la vie publique et le champ politique. Faire sa place dans toute cette concurrence à la visibilité et à la crédibilité n’est pas une petite affaire.Et pourtant, il faudra s’y mettre pour au moins deux raisons majeures: d’abord et même si on n’y fait pas attention, le Parlement est le passage obligé de la vie nationale et ensuite, en tant qu’Institution, il est l’un des principaux garde-fous contre les dérives populistes et totalitaires.Nadia SALAH

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