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L'Edito

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Par L'Economiste| Edition N°:3509 Le 15/04/2011 | Partager

LE système éducatif marocain s’est peu modifié ces dernières années. Tant en qualité que par rapport à son incapacité à intégrer les nouveaux enjeux. On se catastrophe du niveau de l’enseignement public, l’on se lamente du sabotage syndical… il faut désormais compter avec la bureaucratie de la tutelle. Le lancement, il y a quelques années, de la réforme des masters/licences a sans soute marqué une nouvelle inflexion. Après tout, s’il y a bien des filières à encourager, c’est celles qui favorisent une insertion professionnelle rapide. C’est une piste parmi d’autres pour déboucher un marché du travail, inaccessible pour beaucoup, ou rattraper plusieurs années perdues à la fac pour d’autres. Puisqu’à l’issue de leur parcours universitaire, bon nombre de lauréats se plaignent de ne pas trouver de travail, l’une des alternatives est d’indexer des besoins de formations sur ceux des entreprises.
Pour combler des enseignements trop académiques et pas assez tourner vers le productif, l’idée a été entre autres d’encourager des savoirs opérationnels à travers des filières prometteuses: télécoms, logistique… Cela permet au passage de faire d’une pierre deux coups. Donner à ces profils des chances d’employabilité supplémentaire et permettre aux stratégies industrielles du pays de déployer des soupapes RH. Seulement ce changement de paradigme, l’Education nationale marocaine ne semble pas l’avoir entièrement intégré. Ce ministère peut, par exemple, accréditer plusieurs formations professionnelles initiées par des écoles d’ingénieurs publiques, qui ne relèvent pas de sa tutelle directe, mais refuser à ses étudiants les diplômes masters. Bien sûr il y aura toujours un bon alibi à produire pour se justifier. Comme de se mettre en conformité avec la loi X, ou l’amendement Y. Et peu importe si l’on confond objectifs et moyens.

 

Mohamed BENABID

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