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L'Edito

Naïveté

Par L'Economiste| Edition N°:3976 Le 26/02/2013 | Partager

IL est extrêmement dangereux de promettre de renforcer l’attractivité... on risque de vous prendre au sérieux. C’est la raison pour laquelle les derniers rebondissements des grèves sauvages chez les producteurs dans le Souss posent un problème de taille: la crédibilité de l’action gouvernementale lorsqu’il s’agit d’accompagner des pans de l’économie. Comment leur assurer les conditions d’une activité normale? Comment veiller que des entreprises ne soient prises en otage par on ne sait même plus qui? Comment éviter que le pays sabote sa force de frappe à l’export alors que notre commerce en a cruellement besoin? Ce sont là les leçons de ce qu’on peut désormais appeler un autre «scandale d’Agadir». Les incidents ont dégénéré dans une indifférence totale. Il ne s’agit pas tellement d’anticiper des conflits sociaux mais au moins traiter ou circonscrire leurs rebondissements, tragiques parfois comme pour le décès d’un investisseur.
Il fallait bien de la naïveté pour croire que la première crise allait trouver une issue. L’appel des opérateurs et les SOS se sont pourtant multipliés. La CGEM s’inquiétait ouvertement de la gravité de la situation aux dernières Assises de l’industrie à Tanger.
Les mêmes causes qui produisent les mêmes effets. Enfin, pas tout à fait.  Les scénarios se répètent, mais en pire cette fois-ci. C’est comme si l’on s’était décomplexé de ce qui, il y a quelques années à peine, pouvait enclencher une réunion de crise au sein de l’Exécutif.
Il ne faut guère s’étonner si cette indifférence contribue à radicaliser les mouvements, voire même cautionner  l’idée selon laquelle on ne peut pas attendre grand-chose du gouvernement quand il n’a que faiblement bronché dans des situations similaires. A Kénitra, pour les grèves de Delta Holding, il y a bien eu une indignation morale mais sans que cela ne soit suivi immédiatement d’effet.
La pudeur s’impose: si ces incidents font des victimes, c’est d’abord chez la main-d’œuvre qui en vit.

Mohamed Benabid

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