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    L'Edito

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    Par L'Economiste| Edition N°:155 Le 24/11/1994 | Partager

    Deux adjectifs dangereux sont en train de revenir dans le vocabulaire de la chose publique: politique et stratégique. Le plus grave est qu'ils servent à qualifier des branches économiques ou des actions commerciales, pourtant simples et sans mystère en cette fin libérale du XXème siècle.

    Il faut pourtant être rigoureux dans l'emploi de ces mots. A défaut, c'est à un retour en arrière d'une vingtaine d'années que l'on s'expose.

    Les définitions sont pourtant claires. Est politique ce qui se rapporte au gouvernement d'un Etat. Est stratégique ce qui concerne l'art d'organiser un ensemble de dispositions.

    Vouloir élargir le sens, appliquer le qualificatif de stratégique ou de politique indifféremment à la réception d'un chef d'Etat ami, aux élections, à la Loi de Finances, à la privatisation de la SNI et de la BMCE, à la vente d'essence et d'électricité ou à un projet de 3ème chaîne de télévision, c'est pratiquer le mélange des genres. Et puisqu'il y a mélange, pourquoi s'arrêter en si bon chemin et ne pas inclure les journaux et d'autres produits tout aussi importants. Cette tendance est dangereuse, elle sert à justifier l'obstruction à la modernisation.

    Il est naturel que les bureaucrates cherchent à étendre leur pouvoir en élargissant la notion de politique et de stratégique. La société civile ne devrait pas se laisser faire.

    Elargir le sens du politique et du stratégique, c'est réintroduire dans la gestion économique des facteurs d'opacité et d'arbitraire que le PAS a mis dix ans à combattre, c'est renoncer, au profit de simples groupes de pression, à l'analyse rationnelle, avec les instruments que la gestion et la démocratisation ont mis à notre disposition en cette fin de XXème siècle.

    Abdelmounaïm DILAMI

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