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L'Edito

L'éditorial

Par L'Economiste| Edition N°:117 Le 17/02/1994 | Partager

Il y a maintenant plus de quinze ans que S.M. le Roi s'était inquiété du manque de rigueur et de modernisation du secteur public et l'Administration.

Certes, des progrès ont été faits, mais, valeur aujourd'hui, est-ce suffisant? Certainement pas. Des signes ne trompent malheureusement pas. Ils sont graves, tant par leurs conséquences que par les handicaps structurels qu'ils révèlent.

Un peu partout, un peu dans tous les domaines, les administrations attendent la dernière minute pour annoncer les règles du jeu économique, alors que ces règles sont vitales pour les opérateurs.

Ainsi, l'administration des Affaires Etrangères restera-telle aux yeux des contribuables celle qui n'a pas jugé utile de se rapprocher d'eux en préparant des accords économiques aussi importants que le GATT. Les administrations de l'Agriculture, des Affaires Economiques et du Commerce Extérieur resteront celles qui, en trois ans, ne sont toujours pas parvenues à donner un calendrier fiable pour la libéralisation des produits agricoles...

Les entreprises publiques usent des relations de leur état-major pour résister à l'analyse de leurs comptes et de leurs objectifs. Plus graves encore, elles trouvent des oreilles attentives qui se font les interprètes d'un "intérêt général" biaisé, d'intérêts particuliers. II ne s'agit pas de corruption, ce qui, à tout prendre, serait plus facile à combattre. Il s'agit d'intérêts plus diffus: une carrière tranquille, de menus échanges de services, chacun à son niveau, de cordialités dans les relations entre amis, voisins ou cousins...

Une multitude de petits riens dont l'addition se chiffre en milliards et qui tissent de solides réseaux freinant la modernisation du pays.

Ablemounaïm DILAMI

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