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Par L'Economiste| Edition N°:68 Le 25/02/1993 | Partager

Un million de personnes sont menacées.

Ce sont les employés (et leurs familles) des entreprises privées modernes qui assurent leur personnel contre les risques de maladie.
En fait ce sont surtout les patrons et les directeurs des ressources humaines de ces entreprises qui s'inquiètent du monopole CNSS. Les autres cadres ne le ressentent que comme une menace imprécise, en tout cas lointaine. Les employés, eux, sont à peine au courant: pour eux, la couverture-maladie vaut de 3 à 4% de leur salaire pour des remboursements de 80 à 100% et des déplafonnements aisément obtenus, sous l'étiquette de "cas social".

Dans le projet de généralisation de la couverture-maladie, il en va tout autrement: il faudra peut-être doubler la facture, se contenter de remboursements à 50% et ce, au petit-bonheur-la-chance, si c'est la CNSS actuelle qui s'occupe de gérer le dossier.
Le tableau est brutalement brossé, certes, mais il est exact.
Initialement, l'idée avait germé de coupler les baisses d'IGR avec l'élargissement de la couverture: ce qui était gagné d'un côté pouvait être repris, de manière indolore, pour une nouvelle répartition, sociale celle-là.

L'occasion est manquée, parce que les administrations, dont le personnel n'est pas concerné, tirent chacune de son côté, parce que la CNSS veut les fonds de l'assurance-maladie, mais doit aussi se donner le temps de se rendre présentable.
Aujourd'hui les craintes, voire la colère, sont limitées à quelques cercles de spécialistes. Au moment où le projet devra devenir opérationnel, s'il est aussi mal ficelé qu'il en a l'air aujourd'hui, non seulement il mourra avant d'être appliqué, mais il aura provoqué le mécontentement de la partie la plus dynamique du privé.

Abdelmounaïm DILAMI

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