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L'Edito

L'éditorial

Par L'Economiste| Edition N°:655 Le 08/12/1999 | Partager

Dans le système bancaire, les crédits compromis oscillent entre 10 et 11%. C'est un taux élevé par rapport à ce qui existe en Europe ou dans les pays de niveau équivalent au Maroc.
Ces défaillances sont mises sur le compte de trois éléments disparates: les restructurations sectorielles, les compétences hésitantes en matière de management des entreprises et la faible maîtrise de leurs risques par les banquiers.
Quoi qu'il en soit, la défaillance d'un emprunteur est forcément payée par les autres, par les bons payeurs.
C'est un facteur évident d'accroissement du coût du crédit.
Mais il y en a un autre, dont les banquiers se plaignent de plus en plus ouvertement: l'accroissement du coût venant de la lenteur de la Justice. Là aussi, les bons payeurs doivent payer pour la lenteur de la Justice!
Si un dossier doit aller jusqu'au bout de la procédure, il faut un délai moyen d'une dizaine d'années. Le service contentieux d'une banque raconte même qu'un cadre, aujourd'hui à la retraite, avait commencé une affaire qui se traitait à l'époque en Francs marocains et qui n'est toujours pas terminée! Il y a sans doute là de l'exagération méditerranéenne, mais le vrai drame c'est que chacun est si convaincu que la Justice marocaine fonctionne mal, que cette histoire est crédible aux yeux de la majorité.
En fait, ce sont ces dossiers qui traînent qui gonflent artificiellement les contentieux des crédits au Maroc. Les affaires non réglées restent années après années dans les livres des banques et finissent par donner l'impression que le Maroc est un pays de mauvais payeurs doublé d'un pays de mauvais banquiers.
Pourtant, ce n'est qu'un pays de mauvais appareil judiciaire et c'est déjà beaucoup.o

Nadia SALAH

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