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L'Edito

Insourcing

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5508 Le 03/05/2019 | Partager
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Bombardier annonce son départ, mais rassure sur ses emplois au Maroc. La stratégie des métiers mondiaux, dont le groupe canadien aura été l’une des belles vitrines, a le droit d’y croire, à condition de ne pas trop se faire d’illusion sur ce que ce rebondissement signifie véritablement.

La communication institutionnelle pourra difficilement dissiper cette impression: lorsqu’une entreprise cède un site de production, c’est qu’elle n’y trouve plus son compte. En période de crise, ce qui est le cas de l’industrie aéronautique, la relocalisation reste une option intéressante pour se recentrer sur les capacités existantes.

Cette vague, l’Amérique a commencé à redécouvrir ses vertus depuis au moins 5 ans, confortée par les gains de productivité qui poussent à cette orientation, alors que les gains de compétitivité prix ou logistique des pays destinataires des IDE, Chine, Mexique tout particulièrement, ont eu tendance à se dissiper.

Ce mouvement d’insourcing, le Maroc ne peut pas feindre de ne pas le voir. De ce point de vue, regardons ce que la théorie économique peut nous dire sur les enjeux. L’avantage à la délocalisation est porté par quatre déterminants: la recherche de marchés, d’actifs (coûts/prix), d’efficacité (R&D par exemple) et de ressources naturelles.

C’est autour de ces leviers que devraient se construire les enseignements à tirer. Ceux de la véritable compétitivité où se nichent, non pas des incitations susceptibles de gonfler artificiellement les délocalisations – elles risquent de moins en moins d’être décisives à l’avenir – mais plutôt des réformes qui permettent d’apporter aux employés marocains les connaissances et les compétences nécessaires pour être concurrentiels dans l’économie mondiale.

Le cas Bombardier doit être urgemment mais froidement analysé. Sans céder à la panique, car il ne faudrait surtout pas laisser s’installer l’idée d’une attractivité marocaine déclinante.

 

 

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