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L'Edito

Impréparation

Par Dr Mohamed BENABID| Edition N°:5348 Le 12/09/2018 | Partager
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La relance d’une filière ne se décrète pas. Elle peut uniquement être accompagnée et à ce titre l’industrie textile est éligible.

Après avoir connu autrefois ses grandes heures de gloire que l’on ressasse aujourd’hui comme des légendes de grands-mères, le secteur est balloté entre les contrecoups de la conjoncture et ceux de la concurrence loyale et déloyale.

Lorsque ce ne sont pas les importations chinoises, turques qui sont en cause, c’est alors le double visage d’un secteur qui compte tout autant des stars de l’export que des champions de la contrebande, de la contrefaçon et/ou de l’informel.

Difficile dans ces conditions de trouver de véritables ressorts de compétitivité. Dans une quête de victime expiatoire, les doigts pointent régulièrement vers les sources de la menace, les frontières. Une stratégie où le consensus national n’est pas toujours acquis.

En effet, encore faut-il trouver la formule idéale pour les consommateurs, distributeurs, et même industriels du textile qui trouvent leurs comptes dans une internationalisation de l’offre. Qui pour son pouvoir d’achat, qui pour ses marges. Qui peut-être même pour la qualité d’intrants en provenance de Chine ou de Turquie.

Ne l’oublions pas, l’ouverture profite également aux chaînes de valeurs des entreprises marocaines qui y gagnent en compétitivité. Sans sombrer dans la naïveté toutefois. La naïveté consisterait à nier le manque de réactivité dans les initiatives gouvernementales.

Par exemple, il aura fallu une montée massive des importations turques pour que le Maroc rétablisse des droits de douane sur certains produits. La mesure a été prise début janvier 2018, soit 12 ans après l’entrée en vigueur de l’ALE avec la Turquie!

Là aussi comme pour l’accord multifibre, le Maroc, ne pouvait donc feindre l’effet de surprise. La crise du textile n’est donc pas une crise de l’ouverture, mais de l’impréparation à l’ouverture.

 

 

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