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Par L'Economiste| Edition N°:2361 Le 14/09/2006 | Partager

IL est fortement question de baisser les taux de deux impôts, l’IS, impôt sur les sociétés, et l’IR, impôt sur les revenus… étant entendu que cette option, réalisée ou pas dans la prochaine loi de finances, n’exonère le fisc de lutter contre les fraudes, «d’élargir l’assiette» comme on dit en langage diplomatique.Pour l’IS, le cas de figure est simple: nous sommes un peu au-dessus de ce qui se fait dans des pays comparables ou plus compétitifs que nous. Il faut donc revenir vers une meilleure offre: dans la globalisation tout compte. Il faut chercher où chaque dirham est le plus efficace: est-il mieux employé quand il s’agrège directement au résultat de l’entreprise par la baisse de l’impôt ou bien est-il plus efficace quand il est investi dans un service public pour faire baisser les coûts de revient?Pour l’IR, la question est hautement politique. Au moment où l’on va ressortir les urnes, ce n’est pas anodin: accroître le pouvoir d’achat par une baisse des prélèvements (chez ceux qui les payent!) ce ne serait pas si mal venu quand on sait que, mécaniquement, 2007 ne pourra pas être aussi euphorique que 2006. Cependant, il n’y a pas des questions de conjoncture dans ce projet. La pression fiscale marocaine vaut celle qu’il y a en Europe, mais, grosse différence, trop peu de Marocains payent, et ceux-là payent pour tous. Or ceux-là travaillent dans la partie moderne de l’économie, cette partie sur laquelle on compte pour que le Maroc réussisse la globalisation. Une aberration de politique économique! Un exemple entre cent: une rétribution de 5.000 DH/mois, salaire courant pour les jeunes stagiaires dans bien des entreprises modernes, est pénalisée par la tranche d’imposition la plus haute, comme si c’était un revenu fastueux! Il ne faut plus laisser ces vieilles tranches et ces vieux taux comme on les avait fixés il y a vingt ans: cela ne rapporte pas grand-chose et cela ne fait pas sérieux.Nadia SALAH

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