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L'Edito

Imagination

Par L'Economiste| Edition N°:1517 Le 13/05/2003 | Partager

Proposition d'accord de libre-échange en provenance des Etats-Unis; proposition de développer le "voisinage" en provenance de l'Union européenne pour développer les relations et peut-être arriver à ce que demandait le Maroc depuis bientôt dix ans: "plus que l'association, moins que l'intégration".Ces deux options, l'Américaine et l'Européenne, ne sont pas déconnectées: ce n'est pas vraiment un hasard si elles se présentent dans ce monde dur qu'est l'après-11 septembre 2001. Ce n'est pas un hasard non plus si elles ne passent pas par l'OMC.Elles ne sont pas compatibles en tous points, mais elles ne sont pas complètement incompatibles.Leur dénominateur commun est la réduction des entraves aux échanges. Chacun le reconnaît mais pour autant, elles ne sont pas exactement dans la ligne des désarmements tels que les propose l'ordinaire de l'Organisation mondiale du commerce. Les deux options dessinent deux espaces. Tous les deux appartiennent bien à la même vision libérale du commerce, de l'initiative économique et de la concurrence loyale. Mais ces deux espaces ont des critères légèrement décalés. Le droit des affaires, la comptabilité, les normes techniques… ne sont pas exactement les mêmes. Ces deux espaces distincts et parfois rivaux placent le Maroc dans une position compliquée: Rabat n'a pas du tout la puissance de dire non aux Etats-Unis alors que ses intérêts de proximité sont plus européens qu'américains. Mais cette position compliquée, où il faut ménager les deux géants, n'est pas sans opportunités.Durant les vingt dernières années, la diplomatie économique marocaine avait su trouver des formulations de consensus, qui sont par la suite devenues des feuilles de route mondiales: "ajustement plus croissance", exception à la clause de la nation la plus favorisée…Si le Maroc ne veut pas être ce grain tombé entre deux meules, c'est le moment d'avoir à nouveau de l'imagination. Nadia SALAH

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