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L'Edito

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Par L'Economiste| Edition N°:1854 Le 15/09/2004 | Partager

Les Américains doivent partir, ils doivent quitter l'Irak.Ils ont envahi ce pays sous prétexte qu'il avait des armes de destruction massive. C'était faux. Ils l'ont envahi parce que le régime de Saddam Hussein était dictatorial. Saddam Hussein n'est plus au pouvoir. Au nom de quoi les Etats-Unis continuent-ils à bombarder les villes irakiennes ? Au nom de quoi tuent-ils chaque jour des dizaines de personnes? Il est faux de prétendre que le départ des Américains aggraverait le désordre. Il n'y a pas plus grand désordre que le désordre actuel causé par leur présence. Il est clair que le gouvernement de Bagdad, mis en place par l'armée américaine, n'est pas accepté par la population. Il est évident aussi que la résistance irakienne constitue un mouvement organisé, contrairement à ce que l'on fait dire d'elle. Elle sera parfaitement capable de diriger le pays si l'éventualité se présente.L'Irak, tout pays musulman qu'il est, a une tradition de laïcité déjà ancienne. On ne peut pas imaginer que les islamistes, du jour au lendemain, puissent y devenir dominants. Par sa présence et son action violente, l'armée des Etats-Unis, bien au contraire, légitime et renforce la mainmise islamiste. Les Etats-Unis souhaitaient peut-être, au départ, faire le ménage dans la région. Ils ont créé et développé un désordre que bien peu de spécialistes avaient vraiment prévu.Lors de l'invasion de l'Irak, ce pays était déjà exsangue suite à dix années d'embargo, qui suivaient dix années de guerre, le tout sous vingt-cinq années de régime dictatorial.Les gouvernements arabes, toutes tendances confondues, tremblent, n'osent pas protester de peur qu'il leur arrive la même chose qu'à Bagdad. Mais les populations bouillonnent de rage et de frustrations. Un substrat qui peut entretenir toutes sortes de dangers…L'actuelle offensive contre la population irakienne (qui n'a plus de forces armées pour la défendre) constitue un crime que l'histoire ne pardonnera pas. Abdelmounaïm DILAMI

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