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L'Edito

Fisc

Par L'Economiste| Edition N°:2288 Le 01/06/2006 | Partager

Le processus budgétaire redémarre en ce moment afin de monter la loi de Finances pour 2007. Ce sera une année électorale, avec certes toutes les tentations, y compris celle de ne rien faire. Pourtant il y a une urgence parmi les urgences: la fiscalité.Il ne s’agit pas de réformer le système; cela serait nécessaire, mais ce n’est pas là que se situe la principale des urgences. Elle est dans l’obligation de faire cesser la situation anormale qui règne depuis des décennies sur l’économie marocaine, à savoir que l’application fiscale freine le développement des entreprises modernes. Elle ne l’a pas empêché, puisque des champions nationaux existent. Mais elle l’a gêné. Parce qu’il existe des secteurs trop largement «au noir», comme l’agriculture, l’immobilier, la communication, les transports, la distribution… ils rendent difficile l’établissement des courants d’affaires avec les entreprises modernes et transparentes, quel que soit leur secteur: les supermarchés ont du mal se créer quand l’immobilier exige une part «d’informel»; les usines sont handicapées quand elles doivent s’approvisionner hors facture…Au moment où se prépare le prochain budget, il faut rompre ce cercle vicieux. Il ne s’agit pas de punir, sanctionner et finalement décourager l’initiative économique, il s’agit de décourager la plongée dans l’informel. Pour cela, il faudra enfin écouter les fiscalistes qui demandent depuis des lustres qu’on renforce leurs effectifs. Mais, dira-t-on, plus de contrôleurs signifie aussi plus de risques de corruption, à quoi il faut fermement opposer que tous les inspecteurs et inspectrices ne sont pas des corrompus et que depuis des décennies des ONG comme Transparency savent comment aider à progresser sans heurts et sans drame vers la transparence. Pourquoi stagner dans l’informel quand on a les outils qu’il faut pour, pas à pas, revenir vers l’économie formelle, porteuse de progrès?Nadia SALAH

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