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L'Edito

Essai

Par L'Economiste| Edition N°:2276 Le 16/05/2006 | Partager

Et arrive le 16 mai, ses traumatismes, son inflexion décisive. Réponse sécuritaire et judiciaire d’abord, car il fallait maîtriser le monstre. Traitement pédagogique ensuite avec le dépoussiérage que l’on sait de l’institution religieuse, et enfin les programmes de réhabilitation économiques et sociaux. Trois ans après, où en sommes-nous?Après cette rapide et ambitieuse prise en main, l’alternative est clairement posée. Doit-on se résigner à tolérer ce qui subsiste, c’est-à-dire un petit terrorisme intellectuel latent avec tous les dégâts collatéraux que cela peut entraîner? Non, car ce serait céder du terrain à la bataille contre l’islamisme radical. Celle-ci n’est pas encore gagnée puisque la plus dure des réformes c’est la réforme des mentalités. Et sur ce plan, il faut le reconnaître, le travail qui reste à accomplir est titanesque. Le Maroc avait laissé s’ouvrir un coin de voile démocratique. Coin de voile dont certains ont profité pour glisser ici et là quelques feux d’incendie. Il ne s’agit pas de revenir sur ces acquis. Mais restons vigilants tout de même. En 2003, le Maroc découvrait brutalement ses «salafistes», ses fatwas et ses kamikazes. En 2006, il traîne toujours ses barbus moralisateurs, ses maîtres-censeurs. Le discours d’un parti comme le PJD par exemple manque de clarté. On ne peut d’un côté consacrer au moins une manchette en une à la cabale contre le film Marock et d’un côté appeler opportunément les Marocains «à préserver la cohésion» à l’occasion du 16 mai.Contrairement à ce que l’on pense, ce qui se passe avec ce parti ne relève pas de la confrontation d’idées. Car si c’était le cas, le débat ne prendrait pas une tournure violente et caricaturale. Il ne manquera pas de belles âmes pour soutenir que les vertus et la dignité des Marocains ne peuvent pas être pris en otage. Or c’est justement là où réside le danger. Ne doutons pas que des recruteurs sont déjà à l’œuvre pour transformer l’essai.Mohamed Benabid

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