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    L'Edito

    «Dans le coup»

    Par Mohamed BENABID| Edition N°:5243 Le 03/04/2018 | Partager
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    La reconnaissance par l’Etat de plusieurs établissements d’enseignement supérieur va sans doute dans le bon sens. Celui de libérer de leurs carcans les acteurs privés qui réunissent des conditions d’excellence. Au-delà, le sujet central de la formation mérite une mobilisation totale.

    Pour y arriver, il faut aller vite, beaucoup plus vite, sur la simplification de l’environnement juridique pour se recentrer sur l’essentiel: négocier un big bang des compétences peu importe le statut de la formation, initiale, continue, professionnelle.

    Aujourd’hui les enjeux de l’analphabétisme ne se limitent plus exclusivement aux sans diplômes ou aux inactifs, mais gagnent aussi les salariés. Les chiffres explosifs du HCP, publiés dans notre analyse du vendredi 30 mars, ont envoyé un mauvais signal et auraient dû déclencher une réunion de crise: 97,6% des salariés n’ont bénéficié d’aucune formation en 2017! La conjoncture déprimée explique sans doute en partie le phénomène.

    Cependant, le gouvernement est le premier responsable de ce fiasco dans la mesure où ces indicateurs confirment encore une fois la panne sèche de la formation professionnelle. Une panne qui coûte à l’entreprise plus de 2,3 milliards de DH au titre des prélèvements de la taxe de formation professionnelle, qui menace à la fois les qualifications, le fonctionnement normal du marché de l’emploi et la compétitivité de l’entreprise.

    Elle fait aussi rater des trains importants. Réveillés et paniqués par la vague dévastatrice de l’Intelligence artificielle, plusieurs pays un peu partout dans le monde réforment en urgence leurs politiques de formation, voire sacralisent le droit à la compétence, histoire d’être «dans le coup».

     C’est une carte à jouer tant dans une optique de réadaptation professionnelle, de lutte contre le chômage, que de formation tout court. Or il se trouve que nous ne sommes bons sur aucun de ces trois fronts.

     

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