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L'Edito

Coup de main

Par L'Economiste| Edition N°:2359 Le 12/09/2006 | Partager

LE Roi lui-même a présidé la cérémonie de signature des accords liant la commune du Grand Casablanca, la région, la wilaya et l’Etat. Elus ou nommés, tous les responsables de la capitale économique sont enchantés de la présence royale: leur programme 2010 aura besoin que le Souverain revienne de temps en temps lui donner un coup de pouce. Soyons clairs et reconnaissons ce qui est: les structures politiques ont un mal fou à prendre des décisions d’envergure et elles ont encore plus de difficultés à s’y tenir pendant assez longtemps pour réaliser ce qu’elles se promettent de faire. Plus la ville est grande et plus elle est riche… moins c’est facile!L’essentiel de l’accord concerne les transports pour une communauté de presque 4 millions d’habitants, soit 13% de toute la population du pays. Pour rappel, et sans méchanceté, il y a bien quinze ans qu’on en parle sans rien faire. Maintenant, il y a un accord, sous l’égide du Souverain, donc il va falloir que cette signature soit suivie d’effets. En ville, la construction d’infrastructures de transport a un effet très bizarre sur la classe politique. Bien avant que le premier bus ou tram ne se mette à circuler, le schéma de transport brise les carrières politiques des élus locaux comme des représentants de l’Etat. Bien sûr, une fois que tout est fini, les habitants reconnaissants donnent le nom de l’ingénieur, du maire… à la plus belle des stations, mais, entre-temps, ils auront proprement viré tout le personnel politique qu’ils pourront renvoyer. En effet, les travaux mettent la ville sens dessus dessous et les résidents détestent cela.Tant que notre démocratie ne sera pas assez forte pour prendre des décisions et s’y tenir toute seule, tant qu’un élu de quartier peut faire littéralement chanter le maire en marchandant sa voix contre un emploi pour sa cousine… ou pis, alors il faudra toujours le coup de main royal pour construire ce pays.Nadia SALAH

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