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L'Edito

Corruption et niche

Par Nadia SALAH| Edition N°:5511 Le 08/05/2019 | Partager
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Le ministère des Finances, avec son nouveau ministre, l’Administration des Impôts et Mohamed Berrada en personne croulent sous les compliments pour l’organisation et les contenus des Assises de la fiscalité. Ils ont su en faire, à la fois, un bel exercice démocratique et une impressionnante mise à plat.

Plus une investigation bien chaude des canaux de pression s’exerçant sur les pouvoirs politiques. C’était la première fois que le sujet était traité ouvertement en public, traversant les autres sujets de la rencontre. Il reste à les nommer tous, ces canaux, pas seulement et toujours les promoteurs immobiliers. Remarquons cependant que lorsque les niches (fiscales) sont grandes, on en déduit forcément que le résident est gros.

Ces compliments ont été dits et redits, à fort juste titre.

Néanmoins qu’il soit permis de souligner un oubli: la corruption, les passe-droits, deux maux qui s’ajoutent aux pressions sur le monde politique pour obtenir des niches ad hoc. Pressions que ce monde politique ne monnaye peut-être pas.

Il n’est pas sûr que ceux qui se plaignent de ces comportements ou avanies en soient tous réellement des victimes. Sinon le système ne fonctionnerait pas. Or il fonctionne, injustement certes mais il fonctionne. Il n’empêche qu’une seule plainte est une plainte de trop et que l’absence de traitement cisaille les liens sociaux. Pour la grande joie des semeurs de haine.

Transparency Maroc, ONG s’occupant de lutter contre la corruption, a pris publiquement la parole, mais pas l’Instance de prévention de la corruption. Une abstention difficilement compréhensible pour un tel sujet, pour de tels enjeux.

Une abstention d’autant plus dommageable que Transparency a choisi la voie de la critique politique au lieu de proposer ses démarches opérationnelles telles que ses «îlots de transparence» ou ses «best practices» (Cf. L’Economiste du 23 avril 2019).

Une belle occasion perdue.

 

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