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L'Edito

Conscience

Par Nadia SALAH| Edition N°:5585 Le 04/09/2019 | Partager
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Il est difficile, devant des morts, de ne pas chercher le consensus. Avoir des points de vue convergents aide à surmonter le drame. Et puis le Maroc est le pays de la convivialité, acquis trop précieux pour s’autoriser à le brader dans des disputes et des désaccords. Oui, mais les temps changent.

Tout ce savoir-être a volé en éclats, emporté par des crues meurtrières. La manière de prendre ces évènements dramatiques change. Là où il y avait souffrance, prières et acceptation des mauvais coups du sort, il y a aujourd’hui, souffrance, prières et contestations.

La passivité et l’acceptation ne sont plus de mise, même devant les orages et leurs conséquences.

Certains, avec un humour aussi féroce qu’ingrat, disent que depuis que «le Makhzen a posé son bâton…». Il y a sans doute du vrai là-dedans, mais qui voudrait retourner aux années de plomb?

Aujourd’hui le premier acquis de la citoyenneté, ce n’est pas le bulletin de vote, c’est la manifestation. Personne ne souhaite l’empêcher. La manifestation dit sans le vouloir le type de société qu’elle réclame, quel rapport elle exige de l’Etat. Elle s’est annexée les vidéos de YouTube et toutes sortes de messageries instantanées, qui renforcent son action. Ceci est bel et bon.

Néanmoins, ces moyens-là s’accordent mal des citoyens passifs.

Le pire a été atteint lors des inondations. Des témoins filment en cherchant le meilleur angle pour que l’on voit le mieux possible la victime en train de se noyer. Elle se noie en appelant au secours tous ces cinéastes, qui pour un clic de plus sur le compte Facebook, sont devenus des barbares sadiques. Personne pour tendre une main secourable. Toutes les mains sont occupées à tenir des smartphones.

Ils seront si nombreux le lendemain à dire que les pompiers, l’armée, les secouristes… sont venus trop tard. Et eux, où étaient leur tête et leur cœur, pendant qu’ils filmaient? Maintenant, où est leur conscience?

 

 

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