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L'Edito

Comptes

Par L'Economiste| Edition N°:3959 Le 01/02/2013 | Partager

En politique, l’apprentissage de la transparence financière est un exercice difficile. Le paysage des partis nous le dit tout de suite, à en juger d’après le dernier rapport de la Cour des comptes. Dépenses non justifiées, absence de comptes pour 17 formations…
Il n’y a pas de têtes d’affiche ni de révélations, au sens scandale,  comme pour les établissements publics épinglés par les anciens rapports. Quel que soit le dispositif déployé, il faudra qui plus est toujours compter avec l’ingéniosité des montages qui pourraient être mis à contribution pour complexifier la traçabilité financière. L’intérêt de ces comptes surlignés en rouge par les magistrats n’est pas éclipsé pour autant.
D’abord c’est tout de même plus de 30% de l’enveloppe budgétaire consacrée au financement des partis qui est en jeu!
Ensuite ces formations sont astreintes à tenir une comptabilité précise, certifiée, conformément à la loi sur les partis. Elles sont tenues de la respecter sans quoi elles s’enferrent dans une terrible contradiction. Car l’on imagine qu’à un moment ou à un autre, ces partis, leurs députés ont eu à préparer ces mêmes lois. Ils doivent déjà commencer par respecter l’esprit des textes qu’ils ont fait voter!
Enfin,  les vertus sont aussi thérapeutiques. L’écosystème des partis joue un rôle de vitrine et de pédagogie important pour la société dans la mesure où il concentre les tendances de ceux qui nous gouvernent ou sont censés le faire lorsque les urnes le dictent. A moins de continuer à encourager une opacité dont beaucoup de partis se sont fort bien accommodés pendant des années, il est  temps de mettre fin à ces dysfonctionnements qui continuent de polluer le système.
La modernisation de la vie politique, à laquelle appellent régulièrement majorité et opposition, passe par là.

Mohamed Benabid

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