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L'Edito

Chinoiseries

Par L'Economiste| Edition N°:1659 Le 10/12/2003 | Partager

La montée en puissance de l’économie chinoise commence à poser beaucoup de questions. Les petits pays comme le Maroc, habitués à se sentir un peu à l’écart des grands courants mondiaux, ne se sentent pas concernés. Ils suivent de loin l’actualité des grandes négociations planétaires, en particulier celle de Doha par laquelle d’un seul coup, le monstre chinois fait irruption dans le commerce international.Ils ont grand tort, car voilà que de partout, surgissent des interrogations fondamentales. Certes, il faut aller en Chine, être un peu de ce jeu de titans, qui se dessine dans la reconfiguration des courants d’échanges. Mais au milieu de cette reconfiguration, c’est dans la stupeur, et parfois la crainte, que pointent des risques sérieux de désindustrialisation.Notre chroniqueur, Pierre Haski, chargé de suivre pour les lecteurs de L’Economiste les mouvements de fond apparaissant en Chine, rentre d’une longue visite dans une nouvelle zone industrielle. Il en revient bouleversé: les premières cibles de la montée en puissance chinoise ne sont pas les économies occidentales. Ce sont les pays limitrophes de l’Occident, qui se sont positionnés en fournisseurs du grand bassin de consommation. Objectif: prendre leur place en tant que fournisseur mais aussi, pendant qu’on y est, s’implanter sur leur propre marché intérieur, avec les débats que cela entraînera automatiquement sur des tissus qui restent fragiles.Naturellement, il n’est pas question de revenir au Maroc fermé des années 70. Mais il n’est pas sain non plus d’attendre que les problèmes deviennent insurmontables et les dégâts sociaux irrémédiables, pour activer une politique industrielle et commerciale, à commencer par rendre applicables les systèmes de sauvegarde, comme l’antidumping, les normes ou l’application intelligente des mécanismes prévus par l’OMC. Même si pour un pays en voie de développement, ce n’est pas facile de faire jouer ces mécanismes-là. Il en va pourtant de la survie économique.Nadia SALAH

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