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L'Edito

Chèque en blanc

Par L'Economiste| Edition N°:3505 Le 11/04/2011 | Partager

C’est un énorme quiproquo et aussi un dramatique recul.
La loi sur la concurrence est un bon texte, bien fait et bien adapté à son contexte, tout en étant correctement branché sur les normes européennes. Il faut en effet avoir constamment à l’esprit que le Statut avancé est un processus que le Maroc s’auto-impose pour accélérer son évolution économique.
Dans ce dispositif, la concurrence est une pièce maîtresse. Pour parler vrai, il faudrait dire que la concurrence aurait dû en être une pièce maîtresse.
Elle le serait peut-être si le Conseil de la Concurrence se décidait à jouer son rôle. Certes, il réclame plus de pouvoirs et pas n’importe quel pouvoir, le pouvoir de coercition.
Il est exact que ses confrères en Europe ont ce pouvoir-là. Il est exact aussi qu’ils sont appuyés par la puissante dynamique communautaire en matière de concurrence.
Malheureusement le Maroc n’est pas dans ce mouvement. Il n’est pas déraisonnable de penser qu’il y a même un recul par rapport au moment où juristes et économistes débattaient du projet de loi.
En fait, le Maroc n’a pas eu la main heureuse avec son Conseil de la Concurrence. Après une longue période où il s’est mis aux abonnés absents, il s’est glissé dans le rôle de Ponce Pilate, refusant d’arbitrer entre les parties (voir ci contre). En fait, ce n’est pas la première fois. Le Conseil avait déjà choqué quand, consulté pour étudier le marché du livre scolaire, produit sensible s’il en est, il avait conclu sans rire… qu’il fallait une étude.
Non seulement la production du Conseil est très faible, mais en plus c’est une production décevante car de mauvaise qualité. Alors qu’on attendait au minimum une production de références, d’études de cas, on se trouve devant des dossiers inutilisables car vides de sens.
Devant de telles démissions, comment peut-on suivre ce Conseil lorsqu’il exige plus de pouvoirs, c’est-à-dire un chèque en blanc?

Nadia SALAH

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