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L'Edito

Bon garçon

Par Nadia SALAH| Edition N°:5505 Le 29/04/2019 | Partager
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Peut-on, doit-on entourer l’exportation de niches fiscales? Le Maroc devrait-il, ou pas, faire des petites guerres secrètes aux importations en provenance de pays qui ne jouent pas honnêtement le jeu de la liberté du commerce.

Le Maroc a-t-il vraiment intérêt à se faire «bon garçon» dans ces affaires? Naturellement la bonne réputation internationale compte beaucoup, surtout quand on est petit.

Avec une productivité faible, un taux de défauts anormal,  des inputs chers, un colossal détournement de moyens vers le gaz importé, vers l’immobilier ou encore vers l’informel de basse rentabilité, la structure économique elle-même dessert le besoin d’exportation. Et ce surtout que, de l’autre côté on n’a pas affaire qu’à des «bons garçons».

Rabat a un accord de libre-échange avec l’Egypte. Est-ce pour autant facile d’y vendre des voitures. Non. Chicanes, complications et valeur du DH très élevé par rapport à la monnaie égyptienne serrent les écrous partout. Cerise sur le gâteau, les fonctionnaires égyptiens ne croient pas que le Maroc soit capable d’exporter des voitures. Alors, ils suspectent une fraude.

Les Etats-Unis, champions du libéralisme jusque dans les années 2000, sont devenus les maîtres de la chicane technique: fils trop longs ou trop courts, olives et conserves à faire passer par l’Espagne… une façade de contrôles sévères mais une soumission aux lobbies de producteurs.

Dans l’autre sens, il n’a pas fallu une nuit pour que la diplomatie américaine fasse sauter une mini-taxe sur la viande de McDo.

Les plus cyniques sont les Turcs: ils lancent des chaînes de magasins (subventionnés?) puis laissent tomber leur monnaie: moins 40% en 2018 et encore 2% juste la semaine dernière, soit une division par deux qui s’ajoute à une division par quatre entre 2011 et 2017. Même s’il y a une forte inflation, personne ne tient face à cette stratégie.

N’y a-t-il pas motif à réfléchir sur la politique du commerce extérieur?

 

 

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