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Politique

Wa ma Khafiya Kana Aâdam*

Par L'Economiste | Edition N°:1303 Le 02/07/2002 | Partager

. L'Etat subventionne annuellement les partis à hauteur de 9,75 millions de DH, sans compter les aides destinées aux journaux et à la campagne électorale. La discipline partisane fait défaut au sein de toutes les formations qui sont souvent à la merci des “dons” des “sympathisants”. Accusations mutuelles entre les différentes formations sur l'implication de tel ou tel parti dans des pratiques peu orthodoxes: études banales, marchés douteuxComment s'effectue le financement des partis politiques marocains ou plutôt comment survivent ces derniers? C'est à cette question que l'enquête de L'Economiste tente d'apporter des éléments de réponse. La tâche n'a pas été aisée. Surtout que les informations sont distillées au compte-gouttes. “Nous sommes un parti pauvre”, c'est le refrain que répètent sans cesse tous les responsables des formations interrogées, indépendamment de leur poids et de leur couleur politique.En réalité, il faut distinguer entre deux principales sources de financement. La première est officielle et reconnue par l'ensemble des partis. Par contre, la seconde, officieuse, occulte et immorale, est réfutée par une grande majorité de nos politiciens. D'ailleurs, le peu de responsables qui acceptent de l'aborder, l'enrobent souvent de sous-entendus (lire article sur les financements occultes).Concernant les recettes légales, pratiquement tous les partis politiques assurent bénéficier de deux types de subventions étatiques: les subventions annuelles et celles allouées à l'occasion des campagnes électorales (voir encadré). C'est ainsi que chaque année, le gouvernement remet un chèque (libellé au nom du patron du parti politique) d'une somme équivalent à 30.000 DH par député. Le montant encaissé varie donc en fonction du nombre des représentants de chaque parti au sein de la première Chambre(1). Néanmoins, cette aide représente une moyenne de 50% du budget annuel des partis. A titre d'exemple, le RNI reçoit 1,62 million de DH par an, l'USFP 1,63, l'Istiqlal 1 million, le MP 1,05, l'UC 960.000 DH, le MNP 630.000, le PJD 420.000, 390.000 pour le FFD, le PND 330.000 et l'OADP 120.000 DH. Au total, l'Etat débourse chaque année 9,75 millions de DH.Ces chiffres avancés par les représentants des partis n'ont fait l'objet d'aucune vérification, notamment auprès du ministère de l'Intérieur dont les responsables sont restés injoignables.Cette aide annuelle constitue la principale source de financement étatique à côté de la subvention octroyée aux organes de presse partisans. Même si ce chèque est libellé au nom du directeur du journal, le parti en tire directement bénéfice. Le montant, jugé insuffisant par tous les partis, est indexé essentiellement au nombre de ventes des journaux(2) . Reste qu'un grand flou caractérise ce financement. Al Ittihad Al Ichtiraki et Libération (organes de l'USFP) ont récolté en 2001 la somme de 800.000 DH, Al Asr (PJD) a eu droit à 240.000 DH, 960.000 DH pour les titres disparus du RNI, 240.000 DH pour Al Amal Dimocrati, journal de l'OADP et pour le support du PND. Al Monaâtaf du FFD a eu droit à 510.000 DH. Au vu de ces chiffres, on constate qu'ils ne répondent à aucun critère de calcul objectif. D'ailleurs, tous les partis s'échangent des accusations quant à la véracité des montants reçus.Parallèlement à cette enveloppe publique, les partis ont également recours aux fonds émanant de leurs militants et sympathisants à travers les cotisations, les donations et les participations des élus et ministres. A ce niveau, un constat: la discipline partisane fait défaut pratiquement chez l'ensemble des formations. Aucun parti n'a réussi jusqu'à présent à imposer une certaine rigueur quant au respect des engagements de ses membres. A cet effet, même les cartes d'adhésion, dont le prix minimum ne dépasse guère les 20 DH, sont souvent, dans des élans de recrutements massifs, délivrées gratuitement aux adhérents. Cependant, lors des congrès, dont la périodicité est irrégulière chez la majorité des formations, plusieurs états-majors des partis politiques deviennent intransigeants: aucun congressiste ne peut siéger sans s'acquitter du paiement de la carte dont le prix flambe. A noter que les cotisations sont généralement lourdes à gérer. Ces recettes servant essentiellement à alimenter les budgets locaux et régionaux.En outre, tous les partis reconnaissent bénéficier de dons de la part de leurs militants aisés ou de sympathisants (voir article sur les lobbies). C'est l'un des aspects les plus flous dans le financement des partis politiques. N'importe quelle somme d'argent, même celle de nature douteuse, pourrait être classée dans la rubrique “donation”. D'ailleurs, très peu de partis politiques acceptent de chiffrer cette aide. C'est ainsi que selon Abdellah Kadiri, “le PND a vécu pendant 20 ans, grâce au soutien de ses dirigeants, essentiellement de son secrétaire général”. Cette aide, affirme Kadiri, est estimée à 2,5 millions de DH par an, dont 50% directement prise en charge par lui. Pour les parlementaires de son groupe, la contribution mensuelle, fixée à 2.000 DH, n'a été respectée que par un nombre réduit d'élus du peuple.Un suivi de ces opérations s'avérerait très difficile, voire impossible, surtout lorsque les dons sont en espèce et que les reçus ne sont généralement pas remis aux mécènes. A l'OADP une mesure a été décrétée interdisant au parti d'accepter tout don en espèce, se contentant, cependant, des cadeaux en nature (bureaux, ordinateurs, etc.). Selon Mohcine Ayouch, “cette mesure a été imposée pour mettre un terme aux relations bizarroïdes qui naissent entre le parti et certains donateurs”. Toutefois, la formation de Bensaïd Aït Idder impose à ses parlementaires une contribution mensuelle de 7.000 DH, la plus élevée de tous les partis. La contribution des parlementaires de l'USFP, quant à elle, est de 4.000 DH. Ses membres du gouvernement sont tenus de remettre mensuellement 8.000 DH. Une obligation que certains ministres, tel que Ahmed Lahlimi, ne respectent pas.Au PJD, les députés sont tenus de cotiser, 2.500 DH par mois, 1.000 DH à l'UC et 2.000 à l'Istiqlal et au RNI (chez ce dernier, l'engagement est honoré uniquement par 3 parlementaires sur 106 et seulement deux ministres du parti respectent leur engagement mensuel de 3.000 DH). Le parti de Thami El Khyari est le moins exigeant. Les cartes d'adhésion sont gratuitement distribuées et aucune ponction régulière sur les salaires des parlementaires n'est imposée. Toutefois, El Khyari, en sa qualité de ministre du FFD (le seul d'ailleurs), contribue à hauteur de 10% de son salaire.En somme, l'opacité est le maître-mot caractérisant les finances des partis. Face à l'effort financier considérable de l'Etat, ce dernier ne devrait-il pas enfin exercer son droit de regard sur le sort réservé à ses deniers et en rendre compte à l'opinion publique. A la veille des élections législatives, la transparence devra constituer un avantage comparatif conditionnant la compétition entre tous les candidats.


Le mutisme du ministère de l'Intérieur

Il est clair que les responsables du ministère de l'Intérieur auraient pu faire de la lumière sur plusieurs zones d'ombre qui entourent la question du financement des partis. Ils auraient également pu enrichir en chiffres cette enquête. Or, aucun responsable, en dépit de l'écrit adressé par notre journal au ministre et des dizaines de relances téléphoniques, n'a été désigné pour répondre aux interrogations des journalistes et donc de l'opinion publique. Aniss MAGHRI &Abdelmohsin EL HASSOUNI-------------------------------------------------------------* Traduction: “La partie immergée de l'iceberg”(1) Le calcul n'est pas toujours vérifiable. Le RNI qui dispose de 54 députés reçoit moins que l'USFP qui en a 53.(2) A noter que les comptabilités des partis politiques et de leurs organes de presse sont totalement séparées. Mais des lignes financières existent souvent entre les deux institutions.

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