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    Economie

    Victime de l'homme : La forêt résiste à la sécheresse

    Par L'Economiste | Edition N°:191 Le 03/08/1995 | Partager

    Chaque année, environ 31.000 hectares de forêts sont détruits.
    Le secteur d'activité est touché par la crise économique, le bois vendu pour l'industrie a chuté, mais le bois servant à l'énergie continue de connaître des prélèvements importants.


    "Comme l'ensemble des groupements végétaux, la forêt connaît des stress hydriques et subit des dégradations toutes les fois que la sécheresse persiste. Néanmoins, elle intègre mieux les variations climatiques que ne peuvent le faire les cultures ou les arbres fruitiers. Elle pourrait même supporter davantage les déficits pluviométriques si l'action de l'homme et de son troupeau sur les arbres forestiers ne venait aggraver les déséquilibres créés par la sécheresse".
    Chaque année, la décapitation des forêts, du fait des prélèvements, représente une superficie d'environ 31.000 hectares. Le taux de boisement est de 8%.
    La superficie reboisée totale s'élève à 530.000 hectares. Le programme annuel moyen est de 20.000 hectares. Celui de la régénération des forêts naturelles constituées de cèdres et de chênes-lièges est de 3.000 hectares.
    La superficie du domaine forestier est évaluée en 1994 à 8.900.000 hectares contre 8.969.600 en 1993, soit une baisse de près de 1%. Cette superficie est constituée principalement de forêts d'alfa et de plantations artificielles d'eucalyptus.
    La forêt marocaine comprend essentiellement des chênes-verts pour 1,36 million d'hectares, des acacias sahariens pour 1 million d'hectares, des arganiers pour 830.000 hectares, des chênes-lièges pour 350.000 hectares et enfin des cèdres pour 132.000 hectares.

    Kénitra gros fournisseur

    Le domaine forestier fournit différentes activités de l'économie.
    Il offre en bois d'oeuvre et d'industrie 600.000 m3 par an, soit 30% des besoins de ce secteur. Le même pourcentage est utilisé comme ressource énergétique, le bois de feu qui représente 10,5 millions de m3 par an.
    Le liège est lui par contre exporté à 95%. La production est estimée à 15.000 tonnes. Il existe 10 unités, dont la capacité est de 18.000 tonnes par an. En volume de récolte, le liège de reproduction en planche représente 59.553 stères, le liège de reproduction en morceaux 7.672 stères et le liège mâle 60.505 stères.
    Les parcours représentent 17% des besoins du cheptel national.
    Le volume de bois de feu cédé durant l'année1994 a augmenté de près de 25%. Un peu plus de 50% de cette quantité est constituée d'eucalyptus, thuyas, pins et acacias. Les 3 grosses provinces fournisseurs sont par ordre d'importance Kénitra, Khémisset et Khénifra. Le volume global de stères pour cette année est de près de 1 million.

    Concernant le volume de bois d'oeuvre vendu, l'année 1994 est caractérisée par une baisse de plus de 38%. Le volume passe de 248.176 à 153.007 m3. Quant aux pins, leur volume qui était de 58% du total en 1993 a chuté de plus de la moitié et ne représente plus que 40%. De son côté, le cèdre a vu son volume multiplié par plus de 8 et occupe 58% de la quantité totale.
    Khénifra est un gros pourvoyeur dans ce domaine. Par contre, Kénitra, fournisseur habituel, voit son volume baisser du tiers en 1994.
    Le volume de bois d'industrie et de service a chuté également de près de 15%, passant de 353.637 à 300.291 m3 en 1994. Environ 96% de ce volume est constitué d'eucalyptus. Kénitra à elle seule fournit plus de la moitié de cette quantité.

    220 millions de DH

    Parmi les opérateurs économiques, le secteur mobilise 400 unités de bois de feu et d'industrie, 128 d'entreprises de reboisement, 49 exploitants scieurs et scieries dont la capacité est de 300.000 m3 par an et enfin 40 coopératives d'exploitation et de travaux.
    Côté transformation de la ressource, le secteur comprend une unité de fabrication de pâte à papier, la Cellulose du Maroc, qui produit 100.000 tonnes par an.
    En 1994, les 40 coopératives forestières, avec un effectif de 4.080 personnes, ont réalisé 8.093 m3 en bois d'oeuvre, 3.130 m3 en bois d'industrie et 61.196 stères en bois de feu.
    En terme d'emplois, le secteur occupe près de 10 millions de journées de travail durant l'année, soit 8.000 emplois permanents et 9.000 emplois dans les secteurs de transformation.
    Les recettes forestières sont évaluées à 220 millions de DH par an. Elles proviennent de la cession des produits forestiers et sont intégralement versées au budget des communes rurales.
    La balance commerciale de ce secteur est fortement déficitaire, le taux de couverture n'est même pas de 50%. Les exportations de 1994 étaient de 985 millions de DH, les importations de 2 milliards de DH, soit un déficit de 1 milliard de DH.
    Par ailleurs, en vue de protéger la nature, il est prévu la création d'un réseau national d'aires protégées de 1,42 million d'hectares. Il est également envisagé de réhabiliter 3 parcs nationaux (Toubkal, Tazeka, Souss-Massa) et de réintroduire la faune sauvage (cerf de Berbérie, addax et gazelle de Dama).

    Fatima MOSSADAQ.

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