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Affaires

Veolia Maroc: 1 milliard de DH de commandes par an
Entretien avec Bruno Collard, directeur des AchatsAfrique, Moyen-Orient et sous-continent indien

Par L'Economiste | Edition N°:2309 Le 30/06/2006 | Partager

. 70% des achats vont à la sous-traitance. 219 marchés passés en 2005. Etre fournisseur, ça se mérite!Avec un volume d’achat annuel de plus de 1 milliard de DH, Veolia Maroc est l’un des plus gros donneurs d’ordre. Derrière ces achats, le gestionnaire adopte une démarche de progrès social avec l’ensemble de ses fournisseurs pour s’assurer de leur conformité aux règles internationales en matière de sécurité, d’hygiène, de santé et de protection sociale. . L’Economiste: Quels sont les principes de la politique achats de Veolia Environnement?- Bruno Collard: Veolia Environnement est le leader mondial des services à l’environnement avec un chiffre d’affaires de 25,2 milliards d’euros en 2005. Présent sur les cinq continents avec plus de 250.000 salariés, le groupe apporte des solutions sur mesure aux industriels comme aux collectivités dans quatre activités complémentaires: la gestion de l’eau, la gestion des déchets, la gestion énergétique et la gestion des transports de voyageurs. De par la nature de nos métiers, principalement la gestion déléguée de service public, nous signons des contrats de longue durée (ndlr: Au Maroc, les contrats de gestion déléguée d’Amendis et de Redal sont respectivement de 25 et 27 ans). C’est pourquoi nous avons une politique achats fondée sur des partenariats de long terme. Au Maroc, où nous sommes présents depuis 5 ans, nous avons réalisé plus de 3 milliards de DH de chiffre d’affaires en 2005 avec un volume d’achats annuel de 1 milliard de DH. 80% de notre chiffre d’affaires (soit 800 millions de DH d’achats) sont traités avec 70 fournisseurs, ce qui montre bien que nos partenariats sont basés sur une relation de confiance, durable et saine. . De manière générale, quels critères guident le choix de vos fournisseurs?- En matière d’achats, le groupe respecte des règles strictes qui sont une sélection objective fondée sur le principe d’appel d’offres, la transparence dans le mode des jugements, une commission de jugement pluridisciplinaire et une prise de décision à l’unanimité. S’y ajoutent des critères de qualité de services et de réactivité ainsi que le développement de l’assurance qualité auprès des fournisseurs. Ces éléments sont très importants car nous assurons une mission de service public. Bien entendu, le tout passe par le respect des travailleurs qui est un principe fondamental. Depuis 5 ans, nous avons revu complètement les modes de jugement et de passation des commandes dans le cadre d’une démarche fondée sur la pérennité de la relation avec le fournisseur. . Comment se matérialise votre démarche de progrès social?- Le principe est simple. Nous avons adressé début juin un questionnaire à l’ensemble de nos fournisseurs avec un volet sur l’identification de l’entreprise, les acteurs de la prévention (hygiène, sécurité, médecin du travail, premiers secours…), les consignes de sécurité. Nous avons des sous-traitants qui interviennent sur des réseaux d’assainissement, des lignes électriques de moyenne tension, ce qui présente des risques élevés pour les travailleurs. D’où l’impératif pour la société sous-traitante de formaliser les consignes de sécurité et de sensibiliser le personnel. Ensuite, il y a un volet réservé aux équipements de protection individuelle (chaussures, casques, gants…) ainsi que des aspects liés à la formation et l’information du personnel sur la sécurité et les risques encourus. Après, nous procéderons notamment à des vérifications des bordereaux nominatifs de la CNSS, de l’assurance-maladie et des statistiques sur les accidents du travail. Bien évidemment, nous exigeons que nos fournisseurs déclarent totalement leur personnel. Les vérifications se feront également par des audits, des contrôles de protocoles et des études des rapports fournis pour vérifier la véracité des informations.. Jusqu’à quelle mesure Veolia Maroc peut contribuer au développement des bonnes pratiques client/fournisseur?- Par le partenariat. Au Maroc, nous avons créé le Campus Veolia Environnement en 2004. C’est un centre de formation basé à Témara, qui s’étend sur 4 hectares et qui est destiné à former nos 5.000 collaborateurs mais également les salariés de nos sous-traitants si ces derniers le souhaitent. Nous sommes aussi capables d’intervenir sur le partenariat à travers notre démarche de progrès social. Nous sommes convaincus que les grands groupes doivent initier et perpétuer un état d’esprit de partenariat et de bonnes pratiques sur les marchés où ils opèrent. . Comment un fournisseur peut-il prouver qu’il remplit l’ensemble des critères requis?- Pratiquement, 70% de nos achats se font dans le cadre de la sous-traitance de travaux. Au préalable, pour faire le choix d’une entreprise, nous demandons dans notre règlement d’appel d’offres que les moyens humains et matériels, l’encadrement, les qualifications soient mentionnés. Ensuite, nous supervisons comment se déroulent les travaux sur les chantiers. Notre politique n’est pas de mettre en défaut les entreprises, mais de vérifier qu’elles réalisent les travaux qui leur sont confiés selon les critères exigés.. En cas de manquement à l’esprit de votre politique achats, quelles sont les mesures prises à l’encontre des fournisseurs. Et combien de marchés ont été résiliés?- En 2005, nous avons passé 219 marchés au Maroc, dont 4 seulement ont été résiliés. La résiliation d’un marché est l’ultime recours, et n’est en aucun cas un objectif. De manière générale, le manquement à l’esprit de notre politique achats et aux engagements contractuels est suivi de réunions avec l’entreprise concernée et de l’envoi de mises en demeure. Des pénalités sont prévues en cas de non-respect des délais ou d’aspects liés à la sécurité. La responsabilité des chefs d’entreprises est de responsabiliser le personnel et les chefs de chantier à la bonne exécution des projets qui lui sont confiés.❏


Veolia Maroc

Le groupe Veolia Environnement est présent au Maroc depuis 2002 via des contrats de gestion déléguée dans les domaines de la distribution d’eau et d’électricité, de l’assainissement (Amendis à Tanger-Tétouan et Redal à Rabat-Salé) et des contrats de collecte d’ordures ménagères et de nettoiement (Veolia Propreté à Rabat, Oujda et Safi). Avec un volume d’achat annuel de plus de 1 milliard de DH, Veolia Maroc est l’un des plus gros donneurs d’ordre marocain.


Des surcoûts à relativiser

. Comment vérifiez-vous la cohérence entre la prestation et la rémunération sachant que vos exigences peuvent se traduire par des surcoûts? - Sur le plan des prestations, il est certain qu’une société qui assure un certain niveau de prestations sociales a des surcoûts, mais ceux-ci restent à relativiser. Le surcoût lié à la démarche de progrès social sous-entend que le personnel soit suffisamment formé, informé, sensibilisé, équipé et qu’il bénéficie de visites médicales. Nous estimons que le coût d’un collaborateur en termes d’équipements (ndlr: casque, vêtements de travail, chaussures, gants, vaccinations…) se chiffre en moyenne à 1.200 DH par an y compris le coût de la visite médicale. Globalement, le coût annuel d’un ouvrier est généralement d’environ 43.000 DH. Le prix moyen des équipements de protection individuelle représente donc 2,8% du prix global d’un ouvrier. Généralement, la décomposition de la structure de prix pour un chantier est de 30% pour la main-d’oeuvre, 30 à 40% pour le matériel et 30 à 40% pour les fournitures. Au final, nous constatons que les 2,8% d’impact sur le coût du personnel ne concernent que 30% du prix d’un chantier. Ceci montre qu’il faut supporter seulement 1% supplémentaire sur le coût global d’un chantier, pour garantir une vraie protection des salariés.


Bonnes pratiques

Les règles de l’OIT dictent la mise en place de bonnes pratiques auprès des entreprises. Dans un périmètre mondialisé, Veolia veille à l’application des recommandations internationales auprès de ses fournisseurs: «Nous sommes présents dans plus de 70 pays, ce qui fait que nous avons des relais dans tous les pays industriels», précise Collard. Ceci implique, poursuit-il, que lorsque «nous faisons le choix d’un sous-traitant, nous visitons ses installations. Conformément aux règles de l’OIT, nous vérifions qu’il n’emploie pas d’enfants, qu’il a un niveau d’encadrement satisfaisant pour que le personnel ne soit pas livré à lui-même». Le taux d’encadrement, le plan de formation à la fois aux tâches exécutées et aux systèmes liés à la productivité sont autant de critères fondamentaux de choix du prestataire. L’ouverture des frontières et le démantèlement douanier au Maroc dictent aux entreprises de devenir encore plus compétitives. Le constat aujourd’hui au Maroc, selon Collard, est qu’il y a un très bon niveau d’encadrement en général, mais que l’encadrement intermédiaire entre les ingénieurs et les ouvriers doit être plus développé. Ceci permettra d’accroître davantage la performance des entreprises.Propos recueillis par Amin RBOUB

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