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Vème Colloque International des services de la Trésorerie : La Trésorerie Générale gérée comme une banque

Par L'Economiste | Edition N°:33 Le 11/06/1992 | Partager

A l'occasion du Vème Colloque International des services de Trésorerie, M. Salah Hamzaoui, Trésorier Général du Royaume trace les grandes lignes d'évolution des structures et de gestion des services de la Trésorerie Générale pour l'Economiste.

L'Economiste : D'après ce qui nous a été dit, l'organisation de ce Vème Colloque International des services de la Trésorerie répond à une préoccupation d'échange d'exprériences. A quels domaines pensez-vous en particulier?

M. Hamzaoui : Effectivement, ce colloque international qui se tient pour la première fois au Maroc et qui a enregistré la participation de 27 pays dont la France, l'Algérie, le Sénégal et de nombreux autres pays africains, sera l'occasion d'un échange d'informations sur les expériences respectives de ces pays sur la gestion des finances publiques.
Ces expériences présentent de nombreux aspects communs, bien qu'issues de situations spécifiques.

Obligation de résultat

La confrontation des idées, l'analyse des situations dans chacun de ces pays vont nous permettre de dégager des recommandations, de clarifier et de revoir nos conceptions en vue d'améliorer nos méthodes de gestion, de les adapter aux exigences nouvelles et de les insérer dans l'effort économique et social que nous déployons tous.
Les services de la Trésorerie sont de plus en plus enclins d'adopter une stratégie de modernisation et d'adaptation permanentes aux mutations profondes générées par l'environnement dans lequel ils évoluent. S'ils sont avant tout un service public, ils sont de plus en plus tenus à une obligation de résultat.
Comme vous le savez, la plupart des pays participants ont procédé ces dernières années à des réformes fiscales importantes. C'est le cas notamment du Maroc.
Il faudrait tirer parti de l'appareil fiscal dont nous disposons et le rentabiliser. Les thèmes retenus dans ce colloque recoupent d'ailleurs cette préoccupation.
Les services de la Trésorerie ont un grand rôle à jouer dans ce domaine. Par ailleurs, les participants seront appelés à s'interroger sur le rôle que vont jouer les services de la Trésorerie pour améliorer les recettes.

- Le Maroc n'a pas participé à certains des colloques du même genre qui ont été organisés avant. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, il soit l'organisateur de ce Vème colloque?
- Oui. Mais le Maroc était présent au IVème colloque tenu à Abidjan où il a présenté deux importantes communications. La première sur la gestion du portefeuille de l'Etat et la collecte de l'épargne et la deuxième sur la centralisation financière.
Le Maroc a eu l'honneur d'être choisi pour présenter la synthèse des travaux lors de la clôture de ce colloque.
Il a été à cette même occasion désigné à l'unanimité pour abriter ce Vème colloque. C'est la première fois qu'il se tient dans un pays de l'UMA.

- Les services de la Trésorerie, comme du reste la plupart des services du Ministère des Finances sont en train de se restructurer. Dans quelle direction percevez-vous ces changements à venir?
- Je tiens tout d'abord à vous préciser que la restructuration des services de la Trésorerie intervient dans le cadre de tout un ensemble d'actions que nous menons pour moderniser ces services et par là même renforcer leurs capacités de gestion. Je tiens également à préciser que cette restructuration, qui date de 1989, a concerné les services centraux et extérieurs.
Il faut dire aussi que la récente restructuration des services de la Trésorerie est intervenue plus de 10 ans après celle qui l'a précédée. Ce qui, reconnaissons le, fait beaucoup lorsque l'on sait que nos services sont fortement sollicités et qu'ils doivent s'adapter à l'évolution de leur environnement (partenaires, clientèle)
Les anciennes structures étaient devenues inadaptées aux besoins, à l'environnement et au développement de nos missions.

Elaboration de tableaux de bord

Les services centraux ont été réorganisés autour de 3 fonctions ou missions confiées à 3 directions.
La fonction études, réglementation, logistique (moyens matériels, informatique) et formation. Et d'une manière générale toutes missions d'appui aux autres directions: c'est la direction de la comptabilité publique et de la coordination.
Quant à la direction des opérations budgétaires, bancaires et de trésorerie à sa charge des missions opérationnelles (contrôle de la dépense publique, recouvrement des recettes, gestion de la dette, activité bancaire.....)
Enfin, la mission de centralisation des données relatives à la gestion des budgets de l'Etat et des collectivités locales est confiée à la direction de la centralisation financière et comptable.
Cette entité a aussi la mission de serveur d'information financière et comptable destinée notamment à l'élaboration de tableaux de bord. A un autre niveau, le développement du réseau, l'élargissement des tâches et la décentralisation des services ont conduit à la restructuration des organes d'inspection et de contrôle.

- Il a été dit dernièrement que la Trésorerie est appelée à être la banque du contribuable. Comment concevez-vous semblable projet?
- Il ne s'agit pas pour la Trésorerie d'être le banquier du contribuable. Mais, il s'agit de développer une fonction traditionnelle qui a toujours été exercée par la Trésorerie, mais qui n'a pas toujours fait l'objet de l'attention qu'elle mérite.

une gamme de produits financiers

La Trésorerie fonctionne de la même façon qu'une banque et offre les mêmes prestations que celle-ci. Elle s'emploie à développer de nouveaux produits pour la satisfaction de sa clientèle. Les services de la Trésorerie assurent dans ce cadre, une autre mission importante, c'est la collecte de l'épargne.
Notre politique vise à développer davantage la fonction bancaire de la Trésorerie par la promotion de toute une gamme variée de produits financiers. Le développement de l'activité bancaire devient de plus en plus pour nous une nécessité. La Trésorerie, comme vous le savez, a le même souci qu'une entreprise. Il doit faire face à tout instant à des échéances. Pour cela, elle doit mobiliser d'abord toutes ses ressources propres (recettes fiscales, produits de monopole, dividendes et autres recettes). Lorsque ces moyens s'avèrent insuffisants, cela arrive assez fréquemment en raison du décalage dans des rythmes de réalisation des recettes et d'exécution des dépenses, nous sommes obligés comme n'importe quel agent économique d'emprunter. Donc, si la Trésorerie tient à honorer les engagements de l'Etat et quand les moyens ne sont pas disponibles au moment de l'échéance, c'est-à-dire quand il faut payer les salariés, les entreprises ou la dette publique, il doit mobiliser les fonds nécessaires et en premier lieu les moyens les moins coûteux. Des moyens qui sont déjà à sa disposition.

Moins de recours au marché financier

C'est bénéfique à double titre. D'abord, la Trésorerie en recourant moins fréquemment au marché monétaire, gênera moins les autres agents économiques, libérant ainsi des possibilités de financement au profit de l'économie. En d'autres termes, on peut dire que le développement de l'activité bancaire a pour but d'accompagner et de soutenir la politique de désengagement de la Trésorerie décidée dans le cadre de la libéralisation, que le Ministre des Finances a d'ailleurs eu l'occasion d'expliquer à maintes reprises.
Ensuite, une activité bancaire dynamique de la Trésorerie, drainera vers les caisses de l'Etat des ressources à la fois importantes et moins coûteuses. C'est important à souligner. C'est d'ailleurs dans cette optique que nous avons entrepris une action de rénovation et de réaménagement du réseau de la Trésorerie pour le rendre plus performant, plus accueillant et plus fonctionnel. Sur un autre plan, pour gérer tout cela nous avons introduit des instruments et des méthodes nouvelles de gestion.
Toujours dans le même cadre et pour servir les mêmes objectifs, nous avons décidé de mener des actions de communication pour affirmer l'image du Trésor-banquier et cela dans le but évident d'atténuer l'image de "collecteur d'impôts" qui colle aux services de la Trésorerie.

Interview réalisée par Leïla TAARJI

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