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Politique Internationale

USA: 260 millions d'habitants, 200 millions d'armes à feu en libre circulation

Par L'Economiste | Edition N°:502 Le 07/05/1999 | Partager

· Les «pro-guns» considèrent que la démocratie serait menacée si les armes sont interdites
· Mais le massacre de Littletown est en train de changer les références culturelles


La NRA (National Rifle Association), le lobby des propriétaires d'armes à feu aux Etats-Unis oppose une résistance désespérée contre la menace de limitations au droit, sacro-saint à leurs yeux, d'acheter, vendre, posséder et porter les armes. Le président de la NRA et acteur Charlton Heston a exhorté ses troupes à «défendre ce droit». Pendant ce temps, l'ennemi (plusieurs milliers de manifestants «antiarmes») scande des slogans hostiles à la NRA.
La bataille est probablement perdue d'avance pour les fervents de la gâchette, après que deux lycéens surarmés eurent abattu treize personnes, et eurent blessé 23 autres adolescents, avant de se suicider dans la cafétéria du lycée de Littleton, une banlieue de Denver (Colorado).
La NRA est dans la ligne de mire de l'opinion publique et des médias. Les Etats-Unis sont donc bien partis pour une nouvelle guerre civile entre «pro» et «anti-guns». Parmi les «pro-guns» (à 99% blancs et à 90% mâles), il y a les habituels contingents de «cow-boys» taciturnes en Stetson et santiags, ou les «miliciens» extrémistes habillés comme les skinhead européens, mais avec le poil des babacool des années 70. Il est très facile de caricaturer la NRA. «Nous ne sommes pas ces excités dangereux que décrivent nos ennemis, a lancé Heston. Nous sommes un des piliers de l'Amérique moyenne». C'est d'ailleurs pour cela que la NRA est devenue une des principales forces de la vie politique américaine. Au-delà des 3 millions de membres revendiqués, l'organisation influence le vote de 20 à 30 millions d'électeurs. Dans un pays où un tiers des foyers ont au moins une arme à la maison, où le gouvernement fédéral estime que circulent 200 millions d'armes à feu, la NRA est une sorte d'âme culturelle. Une culture où la démocratie est littéralement au bout du fusil, et la défense du second amendement de la Constitution, qui affirme le droit de tout citoyen à porter les armes, un devoir patriotique sacré.
«Dans les 31 Etats où le port d'arme est libre, la criminalité a nettement baissé. Les délinquants ont peur de tomber sur un citoyen armé», disent les militants. Les lois restreignant la vente des armes à feu ne servent de toute façon à rien, car les criminels et les fous ne les respectent pas. «Nous sommes en faveur de punitions encore plus sévères pour ceux qui violent les lois sur les armes».
L'hebdomadaire Newsweek croit néanmoins déceler dans l'opinion «un de ces mouvements des plaques tectoniques de notre culture et de notre morale», sous le choc des massacres à répétition dans les écoles, et des meurtres perpétrés par plus de 2.000 jeunes de moins de 18 ans chaque année, à l'aide d'armes à feu.


Bon citoyen, bon père de famille, mais l'arme au poing


"Le second amendement de la Constitution autorisant les armes», explique Jim, 65 ans, est «le fondement de toutes nos libertés». Cet ancien cadre d'IBM consacre ses loisirs à instruire au tir les jeunes de 13 à 17 ans. Pour lui, la meilleure parade au drame de Littleton est «d'enseigner à l'école le respect, la discipline et le maniement des armes, comme nos parents le faisaient pour nous quand nous étions gosses». Doug, yuppie de 38 ans natif de Californie, dit s'être converti aux armes, et avoir adhéré à la NRA il y a six ans. «J'étais allé à Los Angeles quand les émeutes ont éclaté, raconte-t-il, des tas de gens n'ont sauvé leur peau que parce qu'ils étaient armés.» Depuis, cet ingénieur en électricité a chez lui plusieurs armes à feu, certaines pour le tir sur cible auquel il consacre ses loisirs, d'autres «que je peux porter sur moi».

Patrick Sabatier
Syndication L'Economiste-Libération/France

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