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Une personne sur cinq mendie pour raison médicale

Par L'Economiste | Edition N°:2267 Le 03/05/2006 | Partager

. 200 dirhams de revenu par jour . Une enquête de la wilaya de RabatQui sont les mendiants à Rabat? C’est à cette question que l’enquête réalisée par la wilaya de Rabat a tenté de répondre, mais sans aller jusqu’à aborder le thème de la «mafia» qui gère cette activité. C’est connu, les emplacements sont généralement payants. A Rabat, près de six mendiants sur dix sont des femmes et un mendiant sur quatre est une femme âgée entre 36 et 59 ans. Les jeunes et les enfants ne sont pas nombreux à tendre la main. L’enquête relève que la majorité des mendiants ont plus de 35 ans (76,7%). Et sept personnes sur dix sont analphabètes qui, sans qualifications, ont peu de chance de trouver un emploi. L’enquête cherche à identifier les caractéristiques socioéconomiques des mendiants pour mieux appréhender ce phénomène et cibler l’intervention dans le cadre du programme de l’INDH. Réalisée début 2006 (voir encadré), elle confirme que la mendicité est pratiquée par nécessité: sept personnes sur dix mendient pour pouvoir subvenir aux besoins les plus urgents. Selon le Haut-commissariat au plan, le taux de pauvreté de la région est de 8% alors que le taux de vulnérabilité est de 12,1%.La mendicité est liée aux besoins urgents des familles puisque 42% des mendiants sont mariés et traduit une forme très grave de la précarité, celle de la famille entière, note l’étude. Curieusement le chômage (14%) n’explique que très peu les motivations des mendiants alors qu’un sondé sur cinq cite les raisons médicales. On retrouve là un phénoméne connu qui fait basculer des personnes dans la pauvreté. Tous ces gens qui, malgré un emploi, peuvent se retrouver de l’autre côté de la barrière en cas de coup dur. Ce phénomène loin d’être inaperçu dans nos rues est encouragé par l’absence de mesures prohibitives: 62% des mendiants n’ont jamais été appréhendés par les forces de l’ordre. Ceux qui ont été arrêtés ont été relâchés soit immédiatement, soit après un bref passage par le centre de Aïn Atik. Par ailleurs, un des aspect qui suscitent la curiosité et sur lequel s’est penchée l’enquête est «les recettes» réalisées par les mendiants. D’après l’enquête 76% des mendiants déclarent un revenu proche de 50 DH par jour, 20% gagnent entre 50 et 100 DH et le reste plus de 100 DH. Ce résultat est à nuancer puisque «les revenus sont souvent sous-déclarés». Les enquêteurs concluent que le revenu moyen de certains mendiants dépasse 200 dirhams par jour en particulier pour les personnes handicapées et les femmes accompagnées d’enfants. D’ailleurs 40% des mendiants ont des enfants, qu’ils utilisent à des «fins marketing». L’enquête révèle aussi qu’à Rabat la concurrence vient des villes voisines. Au moins 4 mendiants sur dix. Ce qui nécessite, selon les enquêteurs, une action globale au niveau de toute la région. Autre constat: six mendiants sur dix sont originaires du monde rural. La région de Rabat a connu un important exode rural encouragé par les différents cycles de sécheresse. «La plupart des mendiants ont quitté les campagnes pour des raisons de pauvreté et de précarité», note l’étude. Celle-ci souligne aussi que «l’espace urbain est producteur de pauvreté, de marginalisation et de précarité».


Fiche technique

L’approche méthodologique de l’enquête s’est basée sur quatre hypothèses : l’étude de la mendicité et non la précarité, la mendicité étudiée est celle visible et manifeste dans les rues. Les activités précaires informelles ne sont pas prises en compte, le mendiant est identifié en tant que tel visuellement par l’enquêteur. L’enquête a été réalisée en deux étapes. La première a consisté dans le repérage ou comptage visuel au niveau de tout le territoire de la ville. Ce qui a permis de recenser 1.118 mendiants. L’enquête de structure a été réalisée auprès d’un échantillon de 374 mendiants, soit 33% de ceux dénombrés. Les résultats se référent à la période qui s’étale du 23/02/ au 23/03/2006.K. M.

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